Fendre l’air - Marketing is Dead
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Fendre l’air

Fendre l’air

Très intéressante exposition au Musée du quai Branly consacrée à l’Art du bambou au Japon.

Son intérêt majeur est de souligner comment un objet quelconque peut au fil des ans se détourner de sa fonction pour devenir in fine œuvre d’art : au début du 19ème siècle, on ne parle de simples paniers utilitaires aux formes peu imaginatives, en un mot, des ustensiles sans prétention.

Au fil des ans, ils vont peu à peu changer de statut pour se muer en œuvres d’art présentées par les personnages de qualité à leurs hôtes lors de la cérémonie du thé ; et pour accompagner cette évolution, les artisans vont se mettre à signer leur production … ils sont désormais des artistes !

Objets d’art, ces paniers n’en restent néanmoins que des … paniers, malgré leur prix : certes, ils ont perdu leur fonction initiale – ils décorent agréablement le salon où se déroule la cérémonie du thé et les maisons des amateurs les plus éclairés – mais ils en gardent la forme.

Un siècle et deux guerres mondiales plus tard, la cérémonie du thé traditionnelle a vécu … et les paniers en bambou également : non seulement la clientèle des riches amateurs s’est tarie, mais le plastique a supplanté le bambou dans les usages basiques … bref, la tradition se délite.

Dès lors, la panier en bambou va pouvoir s’émanciper du … panier et devenir une nouvelle œuvre d’art aux formes improbables : il devient sculpture. Tanabe Chikuunsai IV va même lier bambou et impression 3D pour donner naissance à des créations où la tradition se mêle aux technologies du 21ème siècle.

Autre enseignement de cette exposition, les collectionneurs japonais – contrairement aux Occidentaux – n’exhibaient pas avec ostentation leurs biens dans leurs salons, mais les présentaient avec retenue à leurs amis, par exemple lors de la cérémonie du thé : autre relation à l’art et à la richesse !

Les japonologues se sont peu intéressés à cet art du bambou ; au Japon, plusieurs artistes du bambou ont été distingués du titre de « Trésor national vivant ».

2 commentaires
  • nathalie

    28 novembre 2018 at 9 h 04 min Répondre

    Bel article. J’ajouterai qu’aujourd’hui certains de ces artisans-artistes travaillent aussi ( mais pas que) avec des modèles créés sur informatique et des moules en résine 3D. Ce qui est une tendance ( signal faible?) des designers européens et japonais. Je pense qu’on doit en trouver dans l’expo Japonismes au Musée des arts décos.
    Bref très belle expo, très poétique ( les noms des objets), …. à voir.
    Merci François de ton article

  • Nathalie

    28 novembre 2018 at 9 h 06 min Répondre

    euh… je n’avais pas vu la fin de ton article. Mais bon ça se tient ! Désolée. A bientôt

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