Coups de gueule Archives - Marketing is Dead
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Coups de gueule

Visa assurances, l’assureur qui n’assure pas

Aux cartes Visa « haut de gamme »Premier, Platinum – sont associés divers services comme une assurance couvrant les accidents survenus avec une voiture de location ; et comme la société Visa Europe France n’est pas elle-même un assureur, cette dernière garantie est sous-traitée auprès d’Axa France IARD via son courtier CWI, filiale de l’américain Assurant … ça en fait du monde !

Après mes problèmes Zambiens – merci Google ! –, je remplis le dossier idoine sur le site de Visa assurances ; quelques jours plus tard, « demandede pièce(s) manquante(s) » de CWI, réclamant : « la facture, le devis des réparations ou le rapport d’expertise. Si la société de location applique un forfait, la copie du barème de tarification des dommages. Les loueurs ne sont généralement pas réparateurs, et par conséquent non habilités aux réparations. Nous avons besoin du document délivré par un organisme habilité aux réparations de véhicule sur lequel le loueur s’est basé pour vous refacturer le dommage au véhicule ».

Traduction possible : Europcar Zambie sont des escrocs auxquels on ne peut accorder la moindre confiance, ils truquent certainement les factures.

Autre traduction : essayez donc de demander par mail à un correspondant zambien un tel « document délivré par un organisme habilité aux réparations de véhicule » : mission impossible … et découragement certain !

Un petit tour sur les forums se révèle édifiant : car la réputation du courtier n’est plus à faire ! Que ce soit comme sous-traitant pour Visa ou dans l’assurance téléphone mobile téléphone : ils font tout pour ne jamais payer, misant sur le découragement des clients.

Je les renvoie donc par retour de mail aux termes de la « notice d’information valant Conditions Générales » précisant les documents nécessaires pour être remboursé : la liste des déjà suffisamment longue …

Et pour faire bonne mesure, je m’épanche sur Twitter en impliquant Axa – qui me demande aussitôt un résumé des faits – et préviens également ma banque – qui m’a « vendu » la carte Visa et ses services.

Réponse sous huitaine de CWI : « Nous regrettons la mauvaise impression que vous avez pu ressentir lors de la gestion de votre dossier sinistre »  – sans blague ! – et nous vous remboursons … sauf « les frais de recouvrement administratif ».

Les frais de recouvrement administratif : mais quels frais de recouvrement administratif ?

La facture du loueur comprend 3 postes regroupés sous la rubrique « Being charge for damages » : la réparation d’une roue endommagée, celle du pot d’échappement et le remplacement du véhicule, en anglais « Admin and Recovery fee »  … ce que CWI va s’empresser de traduire par « frais de recouvrement administratif », histoire de ne pas payer.

Nouveau mail assez énervé de ma part – « Manifestement vous parlez un aussi mauvais anglais que vous êtes de mauvaise fois » – et où je les renvoie à linguee et  autres reverso.

Réponse : « Nous vous informons que le dossier a fait l’objet de multiples réclamations au sein de notre service et que toutes les voies de recours en notre qualité de courtier ont été épuisées ».

Traduction : nous ne savons plus comment vous arnaquer, donc circulez, il n’y a plus rien à voir ???

Nouveau tweet rageur : « CWI courtier @AXAFrance pour @Visa_Fr Premier refuse de rembourser mes frais de dépannage voiture location prévus contrat @AXA_FRANCE dit suivre le dossier mais ne fait rien @Visa_Fr Premier s’en lave les mains Informerai avancement dossier tous les jours @FFA_assurance ».

Réponse @AXAFrance : « Je comprends votre impatience, sachez que nous sommes toujours dans l’attente du service concerné ».

Réponse de votre serviteur : « @AXAFrance meilleur pour envoyer des DM lénifiants que pour faire son job d’assureur » … et miracle : dans le ½ heure, un gestionnaire d’Axa m’appelle et m’informe qu’ils vont demander à leur courtier de me rembourser.

Je le reconnais, je peux être particulièrement teigneux … et qui plus est, je connais bien le secteur de l’assurance ; mais mettez-vous un instant à la place du client lambda, qui a souscrit à une carte Premium en croyant être bien couvert et se trouve face à gens d’aussi mauvaise foi que CWI … Que va-t-il se passer ?

Un, il laissera tomber, ce qui est inadmissible car il est dans son bon droit.

Deux, il conservera une très mauvaise image d’Axa – et évitera de souscrire une assurance chez eux – et de Visa – mais comme les autres ne sont certainement pas mieux !

En d’autres termes, en cautionnant CWI, Axa et Visa, non seulement se forgent une mauvaise réputation, mais qui plus est, creusent un peu plus la tombe du marketing, sur qui tout cela va bien sûr retomber.

Pourquoi un Avis Vérifié est presque toujours un bon avis ?

J’avais expliqué sur ce blog pourquoi il n’a que fort de mauvais avis sur LaFourchette : tout simplement « parce que LaFourchette n’en veut pas, ça doit nuire à son business ».

Alors, à qui se fier ? Surtout si « un tiers des commentaires et avis sur TripAdvisor ont été achetés par des hôtels et des restaurant pour améliorer leur note globale », selon une enquête du Times évoquée sur le blog de la Communauté des étudiants et anciens étudiants du Master Business Communication de Fribourg … ouf !

En tout cas, pas aux Avis (dits) Vérifiés, qui, comme LaFourchette  écrèment largement, certainement pour ne pas donner trop d’urticaire à leurs clients.

Dans mon précédent article, je m’étais plaint de la qualité du service d’ADP – je ne vais pas tout répéter ici : un peu plus tard,  Avis (dits) Vérifiés me suggère derépondre à une enquête satisfaction sur mon expérience concernant les parkings ADP : évidemment, j’ai été négatif !

Et évidemment mon avis est refusé parce que « L’avis déposé est relatif à un produit / service et non à l’experience d’achat sur le site » : on croit rêver ! Au fait, le monsieur qui a répondu, « expérience », il y a un accent sur le 2nd e

C’est un peu comme si vous achetez un produit pourri sur un site de VAD et que vous n’avez le droit de commenter que la commande … et pas ce qu’on vous a envoyé … qui est pourtant indissociable de ladite commande !

Bref, tout est bon pour avoir des avis vraiment beaux : on suppose que les rares commentaires négatifs constituent l’arbre qui cache la forêt des râleurs …

In fine, si l’on ne doit croire qu’avec discernement les avis des « autres consommateurs » qui peuvent ne pas en être, mieux vaudrait éviter de faire trop confiance aux Avis (dits) Vérifiés : autant plonger la tête première sans trop se soucier de ce qu’il y a dessous …

 C’est parce qu’il y a des tricheurs que le marketing court à sa perte … marketing is dead … ou pas loin de l’être, comme disent certains !

ADP : mort aux pauvres !

Aéroport De Paris est fier de ses belles boutiques Duty Free, et vous fait parcourir plus de pas que nécessaire juste pour vous obliger à passer devant : on vous invite fortement à fumer, à picoler, et à acheter des tas de produits de luxe … pas forcément si bon marché que ça, mais les passagers voient Duty Free et se laissent berner.

Récemment, au retour d’un déplacement en Tunisie, j’ai eu le malheur de réserver sur Nouvelair, certainement une des pires compagnies low coast au monde … mais l’horaire me convenait – j’en reparlerai un de ces jours, mieux vaut éviter, c’est pourri de chez pourris … j’aurais dû consulter quelques avis avant d’acheter mon billet.

Quoiqu’il en soit, nous arrivons à près de minuit – au lieu de 21 heures 55, heure indiquée à l’achat du billet – au magnifique T3, l’ancien TO, l’ex aérogare des charters.

Vous perdez ½ heure pour passer la frontière : normal, il n’y a que 3 policiers de la PAF et aucun des magnifiques portillons PARAFE pour les passeports biométriques ne marche ; une cerbère en gilet jaune – pas ceux qui défilent le samedi – crie d’avancer mais répond que ce n’est pas son job d’ouvrir les portillons PARAFE.

Passés les policiers blasés, je me dirige vers la gare de la navette automatique CDV pour le rendre au parking longue durée PX … mais à cette heure tardive, où atterrissent encore malgré tout des avions, la navette ne marche plus !

A la place, une dizaine de gilets rouges pour vous renseigner et là, c’est juste surréaliste : « Pour aller au PX, vous sortez, mettez votre téléphone sur GPS et vous y allez … à pieds » : si, vous avez bien lu ! Minimum 20 minutes, si vous marchez vite … et sans bagage encombrant !

Heureusement passe par là un mécano avion qui nous indique le bus de nuit qui remplace le CDV : l’arrêt est juste devant mais rien n’est indiqué ! Bref, si vous n’êtes pas initiés, vous êtes paumés … surtout si vous comptez sur les gilets rouges d’ADP !

Le bus met une ½ heure là où le CDV nous aurait mené à notre parking en 5 minutes : on se fait T1, PR, T2 by night avant d’arriver à PX, et Roissy, la nuit, c’est glauque de chez glauque !

On imagine la bonne idée de remplacer une navette électrique automatisée par un bus : bonjour l’empreinte écologique en plus des désagréments pour les passagers.

Mais les passagers du T3, ça doit être des pauvres, qui ne passent pas devant les magnifiques boutiques d’ADP … ou n’achèteraient pas !

C’est aussi des étrangers qui arrivent d’un peu partout et qui doivent se démerder comme ils peuvent … avec tous les risques d’erreurs s’ils demandent de l’aide aux gilets rouges : selon notre guide mécano (on a eu le temps de causer en attendant le bus) … les ratages d’avions, c’est pas rare.

Mais bon, une vision économique au lieu d’une vision service public, ça n’encourage pas à aider son prochain : au fait, j’ai cité la pétition contre la privatisation d’ADP, parce que le jour où ADP sera privé, faudra voyager au minimum en business pour avoir droit à un peu de considération.

Vae Victis 

PS : une belle photo de Tunisie en illustration pour se remonter le moral !

Google Maps, un assassin en puissance !

Mercredi 24 Juillet, nous quittons Lusaka, capitale de la Zambie, pour nous rendre au Gwabi River Lodge près de Chirundu, là où la rivière Kafue se jette dans le Zambèze : 113 km et 2 heures 19 de route selon Google Maps, un vraie ballade !

La première heure se passe plutôt bien : partis vers 9 heures, nous roulons à 60 kilomètres-heure (vitesse limite sur bien des axes du pays) sur une route goudronnée très large, la D 152, puis bifurquons sur la RD 491, tout aussi belle … jusqu’à ce que disparaisse l’asphalte : pas de panique, nous avons loué un Ford Ranger, 2 roues motrices certes, mais suffisamment haut pour avaler bien des chemins non goudronnés !

Nous continuons donc à une vitesse de croisière de 50 à 60 kilomètres-heure : comment pourrait-il en être autrement puisque selon Google Maps il nous reste une petite heure de route … donc tout va bien !

Tout va bien … sauf que la route se rétrécit soudain : à peine plus large que la voiture, plus de croisements possible – mais nous sommes désespérément seuls – et des pentes assez raides complètement défoncées !

Heureusement Google Maps nous rassure : nous avons dû mal bifurquer – mais où ? Pas vu la moindre bifurcation ! –, mais nous allons rejoindre la route principale, la RD 941, dans quelques kilomètres. L’œil rivé sur mon Smartphone, je vois le croisement se rapprocher … 5, 4, 3, 2, 1 kilomètre, 950, 850 mètres … 50 mètres !

On coupe la RD 941 … sur l’écran : parce que sur le terrain, PAS DE ROUTE ! Mais on va la recouper dans 2 kilomètres : juste un nouveau fake ! Google Maps invente des routes.

Nouvelle pente, un trou plus gros que les autres : on ne passe plus ! Le pick-up racle le sol, coince … et cerise sur le gâteau : la roue avant droite est crevée ! Il est temps d’appeler le loueur pour se faire dépanner … mais pas réseau !

Alors on boucle la voiture et part à pieds : Google Maps est clair, on croise la route principale dans quelques centaines de mètres.

On rencontre deux éleveurs avec quelques chèvres : heureusement, l’anglais est la langue officielle du pays. La route goudronnée, si proche selon Google Maps … n’existe pas ! Le village le plus proche, en continuant dans cette direction, c’est … 8 heures marche ; en faisant ½ tour seulement … 4 heures ! Inutile d’espérer capter le moindre réseau dans la région non plus …

Epilogue 1 : retour à la voiture près de laquelle est garé … un 4X4 ! Le chauffeur est un allemand vivant en Zambie qui nous explique le chemin est inenvisageable sans 4 roues motrices … si l’on est un conducteur expérimenté ; il nous aide à changer la roue, sortir de l’ornière, et nous conseille de faire ½ tour : le pire est devant nous ! Nous suivons évidemment son conseil : back to Lusaka pour prendre la route principale, plus longue mais la seule réellement carrossable !

Quand pour lui expliquer nos déboires, nous évoquons Google Maps, il part d’un éclat de rire : nous ne sommes pas les premiers à nous être fait piéger !

Epilogue 2 : tard, très tard, nous arrivons au lodge et expliquons notre retard. Le responsable compatit puis nous raconte avoir plusieurs fois « écrit à Google » pour les informer de l’extrême dangerosité de l’itinéraire … sans la moindre réponse.

Google plaidera certainement non coupable, rejetant la faute sur les organismes locaux qui lui fournissent les précieuses données, à l’instar de l’IGN en France ; mais on pourrait espérer qu’une société qui a engrangé plus de 30 milliards de dollars de bénéfices l’an passé puisse se soucier un peu plus de la qualité des services qu’elle met à la disposition de ses clients.

Pire : Google, grâce à ses algorithmes magiques, semblent INVENTER des routes où il n’y en a pas : car quand on passe du mode plan au mode satellite, on voit apparaître des routes qui n’existent pas !

Explication : la carte indique clairement que la route RD 491 tourne à gauche quand on vient du Nord … et que moi, qui ai été tout droit, me suis naturellement retrouvé sur un chemin non carrossable par ma seule faute.

En mode satellite, même constat : la route tourne à gauche …

Mais lors du passage du mode plan au mode satellite, la route met une fraction de seconde à venir se placer : et la copie d’écran – faut faire très vite – montre très clairement que la belle RD 491 … n’existe pas : juste une saignée dans la forêt, peut-être pour une ligne à haute tension.

Conclusion : Google Maps invente des routes pour envoyer ses utilisateurs dans le ravin : notre voiture était à deux doigts de se renverser quand nous avons rebroussé chemin. Mais quand on gagne plus de 30 milliards de dollars de bénéfices, une telle éventualité, c’est dans l’épaisseur du trait.

Bilan son malheureux client en Zambie : une ½ journée de perdue, ¼ de plein d’essence (6 dollars), 200 kilomètres (95 dollars) de location de voiture en sus, plus les frais occasionnés par l’accident (pneu détruit et pot d’échappement endommagé = 579 dollars) … et franchement, on a eu de la chance !

Dernière précision : ce texte reprends en partie un mail que j’ai adressé à un cadre dirigeant de Google en France, en lui suggérant, s’il ne pouvait répondre, de transmettre à quelqu’un de compétent ; vous devenez la réponse : Google ne s’abaisse pas à répondre !

PS : heureusement, les paysages à notre arrivée à Chirundu, au confluent de la rivière Kafue et du Zambèze, nous ont bien récompensé, comme le montre la photo prise le lendemain.

A quoi sert le RGPD ?

Réponse évidente : à pas grand-chose … du moins pour l’internaute lambda, sinon à se voir imposer de gigantesques « bannières vertueuses » par de nombreux sites.

Car si tous se doivent de vous informer sur leur politique en matière de cookies, certains le font discrètement … et d’autres vous imposent un immense pop-up pour vous annoncer combien ils sont soucieux du « respect de votre vie privée » : juste une façon de se redorer le blason à peu de frais.

En effet, si vous souhaitez visiter le site, il vous faudra bien accepter lesdits cookies … et subir le retargeting qui va avec !

L’internaute lambda et un peu naïf aurait également pu croire que le double opt-in lui éviterait rapidement les éternels bombardements de spams : suffit de se désinscrire des newsletters non sollicitées et pourries que l’on reçoit par wagons et ensuite, de ne jamais donner son double accord à chaque sollicitation.

Comme bien des citoyens crédules, je me suis désinscrit d’une multitude de listes … et continue de recevoir des mails débiles parce que je suis inscrit sur la base de données de tel ou tel opérateur qui, parce qu’il respecte le RGPD, me permet de me désinscrire d’un simple clic … avant d’en recevoir une palanquée d’un autre tout aussi soucieux de respecter la loi … mais qui s’en contrefout totalement, en fait !

Avant, les routeurs peu respectueux s’échangeaient de vastes bases d’adresses, sans scrupules à l’égard des consommateurs ; aujourd’hui c’est … business as usual, et merde aux mêmes consommateurs.

Ce serait compliqué pour la CNIL et ses homologues européens d’identifier tous ces pirates ? Certainement pas, et leur piquer au passage 4% de leur CA permettrait sans doute de freiner leur zèle.

Mais c’est sans doute plus drôle de ferrailler avec les GAFA – je ne dis surtout pas qu’il ne faut pas les déranger, il y a à faire de ce côté aussi –, et surtout plus médiatique : en d’autres termes, eux aussi ont envie de se redorer le blason à peu de frais – enfin aux frais du contribuable – et tant pis pour les internautes qui jettent à la corbeille des masses de mails polluants.

Le dernier kilomètre est le plus irresponsable

Vous êtes abonné à Amazon Prime et vous vous bénéficiez d’une « livraison en 1 jour ouvré gratuite et illimitée », sans compter plein de bonus complémentaires, des séries exclusives sur Prime Video à 40 heures de musique par mois sans publicité, etc.

Vous êtes content … et peut-être un peu (beaucoup) irresponsable !

Amazon Prime ne vous coûte que 49 euros par an : rentable pour de gros acheteurs – et ceux qui ne le sont pas vont le devenir rapidement ! Pas question de ne pas amortir son abonnement …

Bien sûr, Prime ne revient pas à 49 euros par an à Amazon mais … à 670, selon les calculs de la banque JPMorgan : vous êtes donc gagnant parce que Amazon y laisse sa chemise … mais pas par philanthropie : quand on gagne 2,5 milliards de dollars, essentiellement dans le cloud, on peut se permettre de grosses pertes … pour ruiner ses concurrents et assécher le marché.

Il n’y aurait que ça : en fait, plus vous cédez à votre frénésie acheteuse sur le Web en général et chez Amazon en particulier, plus vous participez activement à la destruction de la planète !

Baladez-vous à la campagne un beau jour de printemps, en semaine : vous croiserez des norias de camionnettes de livraison … 4, 5, 6, l’un derrière l’autre, concurrence oblige : sur ce point, Bruxelles favorise les catastrophes écologiques !

Dans les banlieues et les centres-villes, ce n’est pas franchement mieux : car l’e-Commerce pêche vraiment sur son dernier kilomètre !

En achetant à tout crin sur le Web, non seulement vous détruisez la planète, mais vous favorisez … l’esclavagisme, ou du moins, de développement d’une nouvelle classe sociale, celles des autoentrepreneurs et autres chauffeurs corvéables à merci.

Car pour vous livrer pas cher, mieux vaut que ça ne coûte pas cher et les conditions de travail des livreurs, non pas d’Amazon, des sous-traitants des sous-traitants des sous-traitants (je ne me répète pas) est juste indigne, comme le rapporte Libération.

Mais comme le dit si bien Ponce Pilate … pardon, Amazon : « Ce ne sont pas des salariés à nous ».

Circulez, il n’y a rien à voir ! N’accusez Amazon de tous les maux, chers clients de Prime : vous avez votre part de responsabilité dans la destruction de la planète et dans l’esclavage moderne … même si vous ne voulez pas vous l’avouer.

Avec Linky, rien à craindre …

… ou plutôt rien à en espérer, du moins pour les clients EDF !

Pour que le nouveau « compteur intelligent » fonctionne … intelligemment, il a besoin de données … intelligentes !

Je sais, ça fait un peu truisme ou tautologie, mais parfois mieux vaut insister !

Le système e.quilibre de l’opérateur historique sensé vous permettre « Comprendre votre conso et agir pour la réduire », conjugue deux sortes de données :

  • Celles remontées de Linky – le compteur qui sait tout et fait peur à bien des gens ;
  • Celles déclarées par les consommateurs eux-mêmes dans un questionnaire en ligne … qu’un chargée d’études même stagiaire aurait eu honte de rédiger !

Car c’est bien là que le bats blesse : si Linky est supposé intelligent – on nous le rabâche à longueur des courriels –, certains chargés d’études d’EDF ne le semblent pas tant que ça.

Un exemple ?

On vous demande poliment si la résidence concernée est votre résidence principale ou secondaire : logique, car on ne consomme pas autant d’énergie dans le second cas … à moins d’y habiter à longueur d’année, mais ça devient alors sa résidence principale !

Et ensuite, il vous préciser si vous vous en absentez – de votre résidence secondaire – tous les weekends, un sur deux, etc. Bizarre, j’aurais pensé que justement, sa résidence secondaire, on ne s’en absentait pas le weekend, mais au contraire qu’on s’y rendait le weekend !

Quand vous en arrivez là dans le questionnaire, vous vous dites que franchement, ça ne vaut vraiment pas la peine d’aller plus loin !

Et surtout, que si on réalise grâce au compteur intelligent des économies, ce ne sera pas grâce à EDF !

Et pourtant, il faudra bien en faire des économies, car Enedis compte bien vous le faire payer – pas tout de suite, mais bientôt – ce magnifique compteur intelligent … avec les économies que vous ferez.

Ça se présente finalement vraiment mal.

France Info, créateur de Fake News ?

Très sérieusement, francetvinfo.fr titre : La cote de confiance d’Emmanuel Macron remonte légèrement ! « La cote de confiance d’Emmanuel Macron remonte légèrement, selon un sondage OpinionWay pour LCI, dévoilé dimanche 16 décembre. Le chef de l’Etat est crédité de 31% d’opinions positives, soit une progression de deux points de pourcentage par rapport au mois dernier ».

Quelques lignes plus bas : « Un sondage mensuel Ifop publié dans le Journal du Dimanche relève un recul de deux points d’Emmanuel Macron à 23% d’opinions positives ».

Zut ! Le journaliste aurait aussi bien pu commencer par le second sondage et titrer : « La cote de confiance d’Emmanuel Macron continue son érosion » … ce qui aurait été tout aussi faux.

Pourquoi ? Parce que si francetvinfo.fr précise que « L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 1 029 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas », ce qui fait sérieux, il ne viendrait pas à l’idée au journaliste de préciser que le résultat aurait aussi bien pu être … 28%, vue que la marge d’erreur pour un échantillon d’un millier est de 3% pour un résultat proche de 30%.

Pour ceux qui souhaiteraient calculer la marge d’erreur à 95% de confiance, la formule est : 1,96 *√ [ pourcentage * (1 – pourcentage) / échantillon].

Interpelé par les lecteurs, le journaliste – plutôt que de reconnaître qu’il ne connaît rien aux statistiques, ce qui ne l’empêche pas d’en commenter sans cesse – préfère botter en touche : « Nous avons écrit « remonte légèrement », ce qui traduit plus un frémissement – au mieux – qu’un raz-de-marée ».

Et de préciser : « Il y a plusieurs baromètres qui mesurent la popularité d’Emmanuel Macron. Les évolutions sont à mesurer pour le même baromètre » … une façon élégante de renvoyer les sondeurs à leurs chères études.

Sauf que les instituts font correctement leur job : qu’ils se contredisent en apparence n’inquiètera aucun expert, puisque que tous ces résultats se situent dans les marges d’erreur.

Par contre, titrer que la cote de confiance de tel ou tel homme politique monte ou descend quand les résultats se situent dans lesdites marges d’erreur, cela revient à diffuser de fausses informations !

Bref, francetvinfo.fr ne commente pas des sondages, le titre diffuse de fausses informations : bravo !

Pour leur défense, disons qu’ils ne sont pas les seuls, la presse dans sa grande majorité adorant commenter des résultats non significatifs ; que Macron chute de 2 points après avoir monté de 2, cela fait deux papiers pour analyser … un non événement !

Toujours un train de retard … ou deux !

Ce qu’il y a de bien avec la SNCF, c’est qu’elle décline l’expression tant au propre qu’au figuré.

Au propre, c’en est même endémique sur certaines lignes comme Paris Rouen : mardi encore, mon Intercités pointait le nez à Saint Lazare à 15 heures 45 au lieu de 15 heures 13.

Annonce en descente de train : rendez-vous sur le site sncf.com pour bénéficier de la « garantie G30 » où « vous disposez de 60 jours pour faire votre demande de compensation », soit dans mon cas 25% du prix du billet … sous forme de bon d’achat, faut quand même pas être trop généreux !

Donc j’effectue la demande en … 8 étapes : de quoi refroidir les flémards ! Et je reçois dès le lendemain la réponse de ne_pas_repondre@sncf.com : « Après analyse de votre dossier, je ne peux cependant répondre de manière positive à votre attente, le montant de la compensation calculé étant inférieur à 4 euros ».

« En effet, comme indiqué dans les Conditions Générales de Vente SNCF, la compensation correspondant à l’application de la G30 incluse dans LA GARANTIE VOYAGE est uniquement accordée si son montant est supérieur à 4 euros ».

Ça, c’est de le relation clients avec un train de retard – le côté figuré de l’expression, donc !

Cela étant, si on multiplie le nombre de voyageurs montant dans le train à Rouen par le nombre de retards journaliers supérieurs à 30 minutes, ça en fait des sous !

Il y a un côté ridicule de monter toute une usine à gaz intitulée « garantie G30 » et en faire la promotion pour in fine se révéler si mesquin : quitte à radiner, autant le faire discrètement !

Netto nous prend pour des ânes.

Connaissez Netto ? C’est une enseigne de hard-discount alimentaire du groupement Les Mousquetaires … bref, le groupe Intermarché pour faire plus simple. Cela signifie que mois cher qu’Intermarché, c’est possible … sinon pourquoi avoir créé au sein de son groupe, une enseigne de hard-discount ? CQFD !

Depuis plusieurs années, un Netto s’est installé à deux pas du Super U de Charly sur Marne : vous y trouvez du sucre en poudre à la marque Netto à 0,69€ le kilo … si vous le prenez en sac de 1 kilo ; en sac de 5 kilos, il passe à 0,87€ le kilo !

Cherchez l’erreur ! L’étiquette indique « sucre poudre » pour le moins cher et « sucre cristal » pour l’autre, mais c’est bien le même produit – et d’ailleurs, le sucre cristal est toujours moins cher que le sucre en poudre !

Alors ?

Comme beaucoup de distributeurs, l’enseigne se moque ouvertement du consommateur qui va souvent prendre le grand contenant en espérant payer moins cher … et se faire bêtement arnaquer : il n’a qu’à bien lire les étiquettes !

Ou ne pas être presbyte !