Coups de gueule Archives - Marketing is Dead
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Coups de gueule

Ethique-washing

Vous avez aimé le Greenwashing ? Vous allez adorer l’éthique-washing.

Greenwashing : « procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation dans le but de se donner une image de responsabilité écologique trompeuse », rappelle Wikipédia.

Sur ce modèle, on peut aisément construire : Ethique-washing : « procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation dans le but de se donner une image de responsabilité écologique trompeuse ».

Découvrez par exemple la superbe Charte éthique du groupe Auchan, qui dès les premières lignes donne le ton : « Auchan s’est développé depuis sa création en 1961 en s’appuyant sur un socle de convictions et de valeurs fortes et un engagement solide en matière d’éthique » : convictions, valeurs, voilà des termes forts !

La suite est du même acabit – et même bien entourée du beau filet rouge pour en souligner l’importance : « Nos valeurs nous inspirent au quotidien. Nous croyons que chacun aspire au mieux-vivre : toutes nos équipes ont pour ambition d’exercer leur métier de façon responsable et innovante afin d’améliorer la qualité de vie du plus grand nombre de femmes et d’hommes ».

Toutes les entreprises du groupe sont concernées : « partagée par les équipes de tous les pays, les Visions d’Auchan Retail, Oney et Immochan posent très clairement l’identité, la raison d’être, les engagements et l’ambition de chaque entreprise du Groupe ».

Auchan Retail, je connais ; mais Oney ? Je googlise donc et tombe sur cet article de France 3 Hauts de France : « Le groupe Auchan au cœur de l’optimisation fiscale maltaise ».

Ça ne sonne pas très éthique, comme le détaille une enquête de Mediapart relayée par Médiacités, qui détaille : « En juin 2011, deux sociétés ont été créées sur l’île de Malte : une pour l’assurance vie et l’autre pour l’assurance classique, comme l’expliquait Mediapart. Créée en mars 2011, une troisième société, nommée Oney Holding Limited, encaisse les dividendes des deux premières. Le taux officiel de l’impôt à Malte est de 35 %, davantage que les 33,3 % prélevés en France. Mais lorsqu’une société détenue par des étrangers distribue des dividendes à ses actionnaires, le fisc lui rembourse jusqu’à 85 % de l’impôt. Au total, entre 2014 et 2016, Auchan a ainsi économisé 21 millions d’euros d’impôts, selon les calculs de Mediapart ».

Auchan comme Decathlon, Auchan, Boulanger, Orsay, Adeo, Saint-Maclou et quelques autres, appartiennent à l’Association familiale Mulliez, elle-même en délicatesse avec le fisc français, comme le rappelle Capital : mais peut-être l’éthique des filiales ne concerne pas le sommet de la pyramide.

Pourtant, c’est un autre article récemment découvert dans Libération qui a le plus suscité ùon indignation et m’a conduit à rédiger ce billet, article intitulé : « Les liaisons dangereuses du français Voltalia avec la Birmanie ».

Voltalia, je ne connaissais pas plus qu’Oney, donc je consulte Wikipédia :« Voltalia est une entreprise française du groupe Mulliez qui construit et exploite des centrales électriques à partir d’énergie renouvelable, en France et dans les pays émergents ».

« Energie renouvelable » : ça sonne plutôt bien ;« pays émergents » : on peut espérer le meilleur … ou craindre le pire !

Ce nous présente le quotidien confirme aussitôt mes craintes : « Voltalia fournit de l’électricité renouvelable depuis février 2018 à MyTel » … et ce MyTel, c’est en fait Myanmar Economic Corporation, « l’un des deux puissants conglomérats du pays aux mains de l’armée birmane ».

Il faut savoir que l’armée birmane, pour ne pas avoir à rendre de compte à un parlement pourtant totalement à la botte, finance ses exactions contre les Rohingyas via ces deux conglomérats … ce qui signifie que le groupe Mulliez, via Voltalia, porte sa part de responsabilité dans l’extermination de la minorité des Rohingyas.

Suite à un rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU soulignant que « toute activité commerciale étrangère impliquant le Tatmadaw [= forces armées birmanes] et ses conglomérats présentait un risque élevé de contribuer ou d’être liée à des violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire », des entreprises comme Western Union ou Newtec, fournisseur en services technologiques de MyTel, ont cessé toutes activités en Birmanie.

Pas Voltalia, malgré les demandes pressantes d’ONG comme Sherpa, RSF et Info Birmanie.

A l’heure où le concept « d’entreprise à mission » a le vent en poupe – pour ne pas dire est « tendance », – il me semble particulièrement dommageable que des sociétés ne tiennent pas leurs promesses, comme le Groupe Mulliez.

Personnellement, j’aurais bien du mal à travailler dans une entreprise sans éthique … même si cela réduit considérablement le champ des possibles ; je pense en outre qu’il convient de militer pour convaincre les mauvais élèves de s’améliorer … mais il y aura toujours des brebis galeuses, hélas !

Par contre, que d’aucuns se permettent d’afficher des chartes éthiques pour ne pas respecter les principes fondamentaux de l’Ethique – avec une majuscule – cela ne peut que se révéler triplement catastrophique.

Pour leur image de marque, parce qu’un jour tout se sait … mais ça, on s’en fout un peu.

Pour la société humaine : même si une société n’écrit pas ouvertement qu’elle ne participera jamais à un génocide, ou s’en rendra complice – c’est tellement évident –, ce n’est pas une raison de le faire … et de continuer à le faire en toute connaissance de cause.

Et pour le marketing : car ce sont toujours les marketers que l’on accusera de mentir – tous coupables bien évidemment –, même ceux qui pratiquent un marketing vertueux et responsable.

La profession ne faudrait peut-être pas attendre qu’une ONG lance les Prix Pinocchio de l’éthique-washing – comme existent ceux du green-washing : c’est à elle de balayer devant sa porte avant que d’autres s’en chargent.

Boites de conserve 1 – Yuka 0 … ou l’inverse ?

Tout le monde – et surtout les jeunes – connaît Yuka, « l’application mobile qui permet de scanner les produits alimentaires et d’obtenir une information claire sur l’impact du produit sur la santé ».

Tout le monde la connaît et 5 500 000 consommateurs l’utilisent chaque mois : rien d’anecdotique, mais aussi une source de bien des tracas pour bon nombre d’industriels de l’alimentaire qui sous performent dans les résultats.

Et quand la startup qui a lancé l’application publie sur son blog : « Évitez au maximum la consommation d’aliments ayant été en contact avec l’aluminium (canettes de soda, légumes de conserve, etc.) », la Fédération française des industries des aliments conservés voit rouge et l’attaque en justice … et gagne !

Bien sûr, la presse relaie la condamnation : « Le tribunal de Versailles vient de condamner l’application de notation des aliments Yuka pour « dénigrement » des boîtes de conserve », rapporte ainsi Ouest France ; ou encore « Yuka, une application populaire qui note les aliments, a été condamnée à verser 3 000 euros à la Fédération française des industries des aliments conservés », pour France Info.

Sauf … que ce n’est pas l’application qui est en cause, mais un article de blog : en aucun cas, le tribunal n’a remis en cause la qualité de cette dernière !

On passera sur le côté « à peu près » que l’on retrouve sur la plupart des sites de presse – je n’oserais pas dire que bien souvent les journalistes sont des spécialistes du « copier coller » … pour se poser la VRAIE question : à qui profite, sinon la condamnation, du moins sa diffusion ?

A la conserve ? Que nenni !

« Si les consommateurs se détournent des conserves, c’est aussi à cause de l’image parfois négative qu’elles véhiculent » : ce n’est pas moi qui le dit – pas envie de me voir ester en justice par la Fédération française des industries des aliments conservés pour dénigrement – mais LSA.

Donc, d’un côté, un produit dont l’image ne semble pas au top ; et de l’autre, une startup dont l’application est plébiscitée par des millions de consommateurs, souvent jeunes, qui vont voir que LEUR appli a été attaquée en justice par un gros lobby : l’éternelle histoire du pot de terre contre le pot de fer … qui dans l’imagerie populaire profite toujours au plus faible.

La plupart des gens ne liront pas en entier les articles de presse évoqués … et l’image de la conserve s’en trouvera encore plus écornée ; quant aux autres, ils verront qu’on y parle de généralisation abusive … ce qui signifie qu’il y a malgré tout quelque-chose de suspect.

Bref, une image de marque dégradée versus un capital de sympathie renforcé : devinez qui, en termes marketing, est vainqueur ?

Alors, la conserve devait se faire dénigrer sans réagir ? Peut-être pas … mais commencer par nouer le dialogue, c’est pas mal aussi, avant le marteau-pilon !

Après, pour parler d’approximations ou de généralisations aboutissant au dénigrement, certains sites de presse sont plutôt pas mal : l’Opinion par exemple, qui écrit :

« Une application qui permet, en scannant le code-barres d’un produit au supermarché, de savoir ce qui les compose apporte une réponse. C’est très positif.

« Le problème ce sont les bases de données sur lesquelles s’appuie Yuka pour faire tourner ses algorithmes et donner des notations. Et au-delà, sans doute, le poids qu’a pris cette application dans l’appréciation qu’ont les consommateurs de ce qu’ils achètent.

« Explication : Yuka vient d’être condamné pour le tribunal de Versailles, le 5 mars 2020, pour dénigrement, et pratiques commerciales déloyales et trompeuses. Pas tant pour son application que pour ce qu’il racontait sur son site Internet ».

Que viennent faire les « les bases de données sur lesquelles s’appuie Yuka » au beau milieu de tout cela ? Le titre précise pourtant un peu plus loin que Yuka a été condamné : « Pas tant pour son application que … ».

« Pas tant pour » constitue bien une forme de dénigrement puisque l’application n’a en aucun cas été mise en cause … mais l’expression utilisée ici semble bien, dans la langue de Voltaire, induire comme un doute.

Quant aux bases de données, Yuka s’est longtemps appuyé sur Open Food Facts, « un projet collaboratif en ligne et mobile dont le but est de constituer une base de données libre et ouverte sur les produits alimentaires commercialisés dans le monde entier » ; depuis elle est principalement alimentée par les contributions des mobinautes à travers l’application, et les industriels eux-mêmes via la plateforme Alkemics : tout cela est transparent, si l’Opinion voulait bien se donner la peine de creuser !

Arnaque : il n’y a pas que Viagogo !

La presse a fortement relayé l’info selon laquelle Que Choisir « dépose aujourd’hui plainte contre le site de revente de billets en ligne Viagogo devant le Tribunal judiciaire de Paris en raison des pratiques commerciales agressives et trompeuses de l’opérateur faisant de nombreuses victimes, et appelle les consommateurs à ne pas recourir à ce site au risque de se faire duper ».

A lire les commentaires qui remontent quand on tape « Viagogo avis » sur Google, on peut même se demander comment des internautes peuvent encore utiliser les services du site : « Arnaque a grande échelle : c’est nous les gogo », « Arnaque pure et simple », « Viagogo = Grosse **** !!! », etc.

Même sur Trustpilot, c’est la Bérézina : si le site n’a pas la note minimale, c’est parce qu’émarge de temps à autre un commentaire élogieux et hyper bien rédigé – « La qualité des produits est au rendez-vous, avec un service de livraison au même niveau » – … qui fleure bon sa duplicité !

Mais le plus étonnant n’est pas là : ce sont les notes dont bénéficie Viagogo sur certains site, notamment Igraal ou Ebuyclub, deux sites de « CashBack » : « Le site est rapide, ergonomique et surtout très fiable » ou « J’étais un peu sceptique au début, mais finalement tout s’est très bien passé lors de la récupération des billets », peut-on ainsi lire sur ce dernier.

Statistiquement, il est totalement impossible de ne rencontrer, sauf rares et douteuses exceptions, que des commentaires négatifs sur Trustpilot et que des avis élogieux sur les deux sites de « CashBack » ; moralité : il n’y a pas que Viagogo qu’il faut fuir, ça sent l’arnaque aussi sur certains sites de « CashBack » !

Gestion des cookies : le Premier ministre montre le mauvais exemple

Selon la Cnil, « les internautes doivent être informés et donner leur consentement préalablement à l’insertion de traceurs. Ils doivent disposer d’une possibilité de choisir de ne pas être tracés lorsqu’ils visitent un site ou utilisent une application. Les éditeurs ont donc l’obligation de solliciter au préalable le consentement des utilisateurs ».

Vie-publique.fr « est un site gratuit d’information qui donne des clés pour comprendre les politiques publiques et les grands débats qui animent la société. Le site est réalisé par la DILA (Direction de l’information légale et administrative), rattachée aux services du Premier ministre ».

On pourrait donc s’attendre à ce que l’on se rend sur ce site, l’acceptation ou le refus des traceurs – ou cookies – soit aisé … il n’en est rien !

Quand vous arrivez sur la page d’accueil, on vous prévient : « Vie-publique.fr utilise des cookies pour la mesure d’audience des vidéos et des pages du site. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez leur utilisation ».

Et vous pouvez choisir entre « Accepter » et « Fermer », ce qui pour l’internaute lambda signifie la même chose puisqu’il accepte nécessairement les cookies par défaut !

Il peut toujours cliquer sur « Plus d’info » … mais là, franchement, on ne sait jamais trop où l’on s’embarque !

On découvre que « Vous pouvez paramétrer votre navigateur afin qu’il vous signale la présence de cookies et vous propose de les accepter ou non. Vous pouvez accepter ou refuser les cookies au cas par cas ou bien les refuser une fois pour toutes. A noter, ce paramétrage est susceptible de modifier vos conditions d’accès aux services du site nécessitant l’utilisation de cookies ».

Bonne nouvelle : « Sur Vie-publique.fr le refus du cookie n’impacte pas la navigation ».

Bref, ce site, qui dépend des « services du Premier ministre », plutôt que de vous proposer clairement d’accepter ou refuser les cookies, vous renvoie au paramétrage de votre navigateur pour les refuser.

On ne s’étonnera pas que certains sites commerciaux jouent au chat et à la souris avec l’acceptation des cookies : les « services du Premier ministre » montrent le mauvais exemple.

Pécresse et Pépy se moquent franchement des Gilets Jaunes

Si j’interpelle ici Guillaume Pépy aux côtés de Valérie Pécresse, en tant que Présidente d’Île-de-France Mobilités, ce n’est pas que je suis passé à côté de son remplacement à la tête de la SNCF par Jean-Pierre Farandou, mais parce que cette triste histoire trouve ses sources sous sa présidence … et correspond bien à son style de management d’un service sensé « public » !

La petite gare de Nanteuil Saâcy se situe aux confins de l’Ile de France et des Hauts de France ; c’est la dernière station de la ligne P du réseau Transilien accessible avec une carte Navigo. Tous les matins en semaine, plusieurs centaines de « très grands banlieusards » se garent sur son parking pour venir travailler à Paris.

Des « très grands banlieusards » pas très riches et qui se tapent bon an, mal an, une heure et demie à deux heures de transport par jour : voiture + train + métro ou bus … une bonne galère quotidienne !

Des « très grands banlieusards » qui, pour bon nombre d’entre eux, ont battu le pavé il y a un an, un gilet jaune sur le dos, pour protester contre la hausse du prix de l’essence parce que les fins de mois, ils ont du mal à les boucler.

La gare de Nanteuil Saâcy est vieillotte, tristounette – et encore, je suis dans l’euphémisme ; les quais ne sont même pas bitumés, ça sent l’abandon : pas vraiment un endroit pour faire du business comme à Paris Saint Lazare, juste une petite station déshéritée pour « très grands banlieusards » déshérités.

Le parking gratuit était à l’avenant : surchargé, plus ou moins bien goudronné …

Aujourd’hui, grâce aux efforts conjugués d’Île-de-France Mobilités et de la SNCF, nos « très grands banlieusards » disposent désormais d’un parking flambant neuf … jouxtant une gare toujours aussi tristounette, avec ses quais toujours aussi caillouteux : la transition entre les deux espaces est assez flagrante !

J’oubliais : le parking est désormais payant : nos « très grands banlieusards » doivent payer 20 euros par mois, soit 240 euros par an, pour pouvoir stationner ! 240 euros, pour Pécresse et Pépy, c’est juste dans l’épaisseur du trait … mais pour un « gilet jaune très grand banlieusard », ça compte : du jour au lendemain, il se fait ponctionner entre un quart et un cinquième de SMIC !

Le parking est géré par Effia, filiale à 100% de Keolis, société dirigée jusqu’à fin 2019 par … Jean-Pierre Farandou : nul doute qu’il saura assurer la continuité de ce genre de … choses – pour rester poli !

Les agents de la SNCF, eux, ont de magnifiques places qui leur sont réservées … mais ils préfèrent se garer là où sont peints de magnifiques panneaux « stationnement interdit » : sûr que les « très grands banlieusards » qui gareraient là auraient droit à une belle contravention, mais quand on est agent SNCF, on a tous les droits !

Le RGPD, ils s’en foutent un peu tous !

« Les internautes doivent être informés et donner leur consentement préalablement à l’insertion de traceurs. Ils doivent disposer d’une possibilité de choisir de ne pas être tracés lorsqu’ils visitent un site ou utilisent une application. Les éditeurs ont donc l’obligation de solliciter au préalable le consentement des utilisateurs », dixit la Cnil.

Mais dans les faits, la plupart se moquent plus ou moins ouvertement des internautes ; pas tous … mais presque.

Il y a les vertueux, comme Libération qui a décidé de supprimer les cookies publicitaires pour ses abonnés numériques (ce qui inclut ipso facto les dinosaures abonnés papier comme moi) – pas pour les autres : vous payez déjà, pas question de se faire encore de l’argent sur votre dos.

Et c’est pas réellement facile de supprimer tous les traceurs publicitaires, tant les mécanismes sont complexes et les acteurs multiples ; par ailleurs le titre en conserve d’autres non liés à l’activité publicitaire, comme les ceux nécessaire au suivi d’audience. Résultat, il lui a fallu se fendre de nombreuses explications sur sa page Check News.

Il y a les hypocrites, qui affichent en gros : « Le respect de votre vie privée est notre priorité », avec quelques lignes en petits caractères et deux options : un « J’accepte » sur fond rouge et un « Plus d’options » sur fond blanc ; comme vous êtes pressés – un internaute est TOUJOURS pressé – et que le pavé couvre la moitié de la page, vous acceptez.

Si par hasard vous tentez sur « Plus d’options », ça se complique puisque ça commence par ce qui est requis comme « des identifiants publicitaires, des identifiants de l’appareil, des cookies et des technologies similaires » … et sur lesquels vous n’avez pas la main !

Ensuite, il y a plein de petites lignes, avec renvois vers des listes de tas de sociétés, de quoi se donner un mal de crâne à comprendre … mais surtout tout cela est activé par défaut : et si je décoche, je vais tout casser ? Tous les experts du Nudge vous le diront : les cases pré-cochées sont des pièges … et c’est même pour cela que le RGPD y fait la chasse.

Heureusement, si vous êtes optimiste, vous cliquez sur « Tout refuser » (option en blanc alors que « Accepter » – ce revient à ne rien faire – est à nouveau en rouge … et vous découvrez que vous pouvez naviguer aussi confortablement que si vous aviez tout accepté.

Parfois, c’est plus discret, juste un petit bandeau en bas de page : vous pouvez allègrement le négliger pour accéder aux contenus. Remarquez que «  OK, tout accepter » se distingue bien – et vous invite à cliquer dessus, vite fait alors que « Personnaliser » est en plus petits caractères.

Quoi qu’il en soit, « Personnaliser » vous entrainera bien souvent dans un monde de complexité insoupçonnée, où le pré-coché – ou le choix positif en rouge vif apparaît si tentant, si obligé – l’emporte systématiquement.

Mais bon, ils respectent peu (souvent) ou prou (plus rarement) l’esprit de la loi … si l’esprit de la loi, c’est de vous embrouiller !

Et puis, il y a les autres, les sites comme https://fr.smallable.com/ qui ne vous avertissent de rien et ne vous proposent aucun choix ! Reste à cliquer sur « Mentions légales & Confidentialité », parmi les multiples options du pavé de fin de page avec le « Recrutement » ou les « Conditions générales de vente ».

Et là, il y en a des kilomètres … mais rien pour vous permettre de refuser quoi que ce soit : vive le RGPD – pour … Rien à Glander, Pauvres Débiles !

Il y a enfin les plus vicieux, qui vous renvoient aux … paramètres de votre navigateur pour accepter ou refuser les cookies : bon courage par exemple sur la site Visa Platinum.

Et puis, il y a les sites vraiment honnêtes, comme celui de Paris La Défense qui n’offrent qu’un choix hyper simple : « J’accepte » ou « Je refuse », – même lettrage pour les deux options – avec un lien pour en savoir plus : claire et facile … si tout le monde pouvait agir ainsi !

En fin de compte, l’internaute lambda a vraiment l’impression qu’on se moque de lui sous prétexte de faire preuve de (fausse) vertu : pas sûr que de tels comportements restaurent la confiance dans les marques !

Visa assurances, l’assureur qui n’assure pas

Aux cartes Visa « haut de gamme »Premier, Platinum – sont associés divers services comme une assurance couvrant les accidents survenus avec une voiture de location ; et comme la société Visa Europe France n’est pas elle-même un assureur, cette dernière garantie est sous-traitée auprès d’Axa France IARD via son courtier CWI, filiale de l’américain Assurant … ça en fait du monde !

Après mes problèmes Zambiens – merci Google ! –, je remplis le dossier idoine sur le site de Visa assurances ; quelques jours plus tard, « demandede pièce(s) manquante(s) » de CWI, réclamant : « la facture, le devis des réparations ou le rapport d’expertise. Si la société de location applique un forfait, la copie du barème de tarification des dommages. Les loueurs ne sont généralement pas réparateurs, et par conséquent non habilités aux réparations. Nous avons besoin du document délivré par un organisme habilité aux réparations de véhicule sur lequel le loueur s’est basé pour vous refacturer le dommage au véhicule ».

Traduction possible : Europcar Zambie sont des escrocs auxquels on ne peut accorder la moindre confiance, ils truquent certainement les factures.

Autre traduction : essayez donc de demander par mail à un correspondant zambien un tel « document délivré par un organisme habilité aux réparations de véhicule » : mission impossible … et découragement certain !

Un petit tour sur les forums se révèle édifiant : car la réputation du courtier n’est plus à faire ! Que ce soit comme sous-traitant pour Visa ou dans l’assurance téléphone mobile téléphone : ils font tout pour ne jamais payer, misant sur le découragement des clients.

Je les renvoie donc par retour de mail aux termes de la « notice d’information valant Conditions Générales » précisant les documents nécessaires pour être remboursé : la liste des déjà suffisamment longue …

Et pour faire bonne mesure, je m’épanche sur Twitter en impliquant Axa – qui me demande aussitôt un résumé des faits – et préviens également ma banque – qui m’a « vendu » la carte Visa et ses services.

Réponse sous huitaine de CWI : « Nous regrettons la mauvaise impression que vous avez pu ressentir lors de la gestion de votre dossier sinistre »  – sans blague ! – et nous vous remboursons … sauf « les frais de recouvrement administratif ».

Les frais de recouvrement administratif : mais quels frais de recouvrement administratif ?

La facture du loueur comprend 3 postes regroupés sous la rubrique « Being charge for damages » : la réparation d’une roue endommagée, celle du pot d’échappement et le remplacement du véhicule, en anglais « Admin and Recovery fee »  … ce que CWI va s’empresser de traduire par « frais de recouvrement administratif », histoire de ne pas payer.

Nouveau mail assez énervé de ma part – « Manifestement vous parlez un aussi mauvais anglais que vous êtes de mauvaise fois » – et où je les renvoie à linguee et  autres reverso.

Réponse : « Nous vous informons que le dossier a fait l’objet de multiples réclamations au sein de notre service et que toutes les voies de recours en notre qualité de courtier ont été épuisées ».

Traduction : nous ne savons plus comment vous arnaquer, donc circulez, il n’y a plus rien à voir ???

Nouveau tweet rageur : « CWI courtier @AXAFrance pour @Visa_Fr Premier refuse de rembourser mes frais de dépannage voiture location prévus contrat @AXA_FRANCE dit suivre le dossier mais ne fait rien @Visa_Fr Premier s’en lave les mains Informerai avancement dossier tous les jours @FFA_assurance ».

Réponse @AXAFrance : « Je comprends votre impatience, sachez que nous sommes toujours dans l’attente du service concerné ».

Réponse de votre serviteur : « @AXAFrance meilleur pour envoyer des DM lénifiants que pour faire son job d’assureur » … et miracle : dans le ½ heure, un gestionnaire d’Axa m’appelle et m’informe qu’ils vont demander à leur courtier de me rembourser.

Je le reconnais, je peux être particulièrement teigneux … et qui plus est, je connais bien le secteur de l’assurance ; mais mettez-vous un instant à la place du client lambda, qui a souscrit à une carte Premium en croyant être bien couvert et se trouve face à gens d’aussi mauvaise foi que CWI … Que va-t-il se passer ?

Un, il laissera tomber, ce qui est inadmissible car il est dans son bon droit.

Deux, il conservera une très mauvaise image d’Axa – et évitera de souscrire une assurance chez eux – et de Visa – mais comme les autres ne sont certainement pas mieux !

En d’autres termes, en cautionnant CWI, Axa et Visa, non seulement se forgent une mauvaise réputation, mais qui plus est, creusent un peu plus la tombe du marketing, sur qui tout cela va bien sûr retomber.

Pourquoi un Avis Vérifié est presque toujours un bon avis ?

J’avais expliqué sur ce blog pourquoi il n’a que fort de mauvais avis sur LaFourchette : tout simplement « parce que LaFourchette n’en veut pas, ça doit nuire à son business ».

Alors, à qui se fier ? Surtout si « un tiers des commentaires et avis sur TripAdvisor ont été achetés par des hôtels et des restaurant pour améliorer leur note globale », selon une enquête du Times évoquée sur le blog de la Communauté des étudiants et anciens étudiants du Master Business Communication de Fribourg … ouf !

En tout cas, pas aux Avis (dits) Vérifiés, qui, comme LaFourchette  écrèment largement, certainement pour ne pas donner trop d’urticaire à leurs clients.

Dans mon précédent article, je m’étais plaint de la qualité du service d’ADP – je ne vais pas tout répéter ici : un peu plus tard,  Avis (dits) Vérifiés me suggère derépondre à une enquête satisfaction sur mon expérience concernant les parkings ADP : évidemment, j’ai été négatif !

Et évidemment mon avis est refusé parce que « L’avis déposé est relatif à un produit / service et non à l’experience d’achat sur le site » : on croit rêver ! Au fait, le monsieur qui a répondu, « expérience », il y a un accent sur le 2nd e

C’est un peu comme si vous achetez un produit pourri sur un site de VAD et que vous n’avez le droit de commenter que la commande … et pas ce qu’on vous a envoyé … qui est pourtant indissociable de ladite commande !

Bref, tout est bon pour avoir des avis vraiment beaux : on suppose que les rares commentaires négatifs constituent l’arbre qui cache la forêt des râleurs …

In fine, si l’on ne doit croire qu’avec discernement les avis des « autres consommateurs » qui peuvent ne pas en être, mieux vaudrait éviter de faire trop confiance aux Avis (dits) Vérifiés : autant plonger la tête première sans trop se soucier de ce qu’il y a dessous …

 C’est parce qu’il y a des tricheurs que le marketing court à sa perte … marketing is dead … ou pas loin de l’être, comme disent certains !

ADP : mort aux pauvres !

Aéroport De Paris est fier de ses belles boutiques Duty Free, et vous fait parcourir plus de pas que nécessaire juste pour vous obliger à passer devant : on vous invite fortement à fumer, à picoler, et à acheter des tas de produits de luxe … pas forcément si bon marché que ça, mais les passagers voient Duty Free et se laissent berner.

Récemment, au retour d’un déplacement en Tunisie, j’ai eu le malheur de réserver sur Nouvelair, certainement une des pires compagnies low coast au monde … mais l’horaire me convenait – j’en reparlerai un de ces jours, mieux vaut éviter, c’est pourri de chez pourris … j’aurais dû consulter quelques avis avant d’acheter mon billet.

Quoiqu’il en soit, nous arrivons à près de minuit – au lieu de 21 heures 55, heure indiquée à l’achat du billet – au magnifique T3, l’ancien TO, l’ex aérogare des charters.

Vous perdez ½ heure pour passer la frontière : normal, il n’y a que 3 policiers de la PAF et aucun des magnifiques portillons PARAFE pour les passeports biométriques ne marche ; une cerbère en gilet jaune – pas ceux qui défilent le samedi – crie d’avancer mais répond que ce n’est pas son job d’ouvrir les portillons PARAFE.

Passés les policiers blasés, je me dirige vers la gare de la navette automatique CDV pour le rendre au parking longue durée PX … mais à cette heure tardive, où atterrissent encore malgré tout des avions, la navette ne marche plus !

A la place, une dizaine de gilets rouges pour vous renseigner et là, c’est juste surréaliste : « Pour aller au PX, vous sortez, mettez votre téléphone sur GPS et vous y allez … à pieds » : si, vous avez bien lu ! Minimum 20 minutes, si vous marchez vite … et sans bagage encombrant !

Heureusement passe par là un mécano avion qui nous indique le bus de nuit qui remplace le CDV : l’arrêt est juste devant mais rien n’est indiqué ! Bref, si vous n’êtes pas initiés, vous êtes paumés … surtout si vous comptez sur les gilets rouges d’ADP !

Le bus met une ½ heure là où le CDV nous aurait mené à notre parking en 5 minutes : on se fait T1, PR, T2 by night avant d’arriver à PX, et Roissy, la nuit, c’est glauque de chez glauque !

On imagine la bonne idée de remplacer une navette électrique automatisée par un bus : bonjour l’empreinte écologique en plus des désagréments pour les passagers.

Mais les passagers du T3, ça doit être des pauvres, qui ne passent pas devant les magnifiques boutiques d’ADP … ou n’achèteraient pas !

C’est aussi des étrangers qui arrivent d’un peu partout et qui doivent se démerder comme ils peuvent … avec tous les risques d’erreurs s’ils demandent de l’aide aux gilets rouges : selon notre guide mécano (on a eu le temps de causer en attendant le bus) … les ratages d’avions, c’est pas rare.

Mais bon, une vision économique au lieu d’une vision service public, ça n’encourage pas à aider son prochain : au fait, j’ai cité la pétition contre la privatisation d’ADP, parce que le jour où ADP sera privé, faudra voyager au minimum en business pour avoir droit à un peu de considération.

Vae Victis 

PS : une belle photo de Tunisie en illustration pour se remonter le moral !

Google Maps, un assassin en puissance !

Mercredi 24 Juillet, nous quittons Lusaka, capitale de la Zambie, pour nous rendre au Gwabi River Lodge près de Chirundu, là où la rivière Kafue se jette dans le Zambèze : 113 km et 2 heures 19 de route selon Google Maps, un vraie ballade !

La première heure se passe plutôt bien : partis vers 9 heures, nous roulons à 60 kilomètres-heure (vitesse limite sur bien des axes du pays) sur une route goudronnée très large, la D 152, puis bifurquons sur la RD 491, tout aussi belle … jusqu’à ce que disparaisse l’asphalte : pas de panique, nous avons loué un Ford Ranger, 2 roues motrices certes, mais suffisamment haut pour avaler bien des chemins non goudronnés !

Nous continuons donc à une vitesse de croisière de 50 à 60 kilomètres-heure : comment pourrait-il en être autrement puisque selon Google Maps il nous reste une petite heure de route … donc tout va bien !

Tout va bien … sauf que la route se rétrécit soudain : à peine plus large que la voiture, plus de croisements possible – mais nous sommes désespérément seuls – et des pentes assez raides complètement défoncées !

Heureusement Google Maps nous rassure : nous avons dû mal bifurquer – mais où ? Pas vu la moindre bifurcation ! –, mais nous allons rejoindre la route principale, la RD 941, dans quelques kilomètres. L’œil rivé sur mon Smartphone, je vois le croisement se rapprocher … 5, 4, 3, 2, 1 kilomètre, 950, 850 mètres … 50 mètres !

On coupe la RD 941 … sur l’écran : parce que sur le terrain, PAS DE ROUTE ! Mais on va la recouper dans 2 kilomètres : juste un nouveau fake ! Google Maps invente des routes.

Nouvelle pente, un trou plus gros que les autres : on ne passe plus ! Le pick-up racle le sol, coince … et cerise sur le gâteau : la roue avant droite est crevée ! Il est temps d’appeler le loueur pour se faire dépanner … mais pas réseau !

Alors on boucle la voiture et part à pieds : Google Maps est clair, on croise la route principale dans quelques centaines de mètres.

On rencontre deux éleveurs avec quelques chèvres : heureusement, l’anglais est la langue officielle du pays. La route goudronnée, si proche selon Google Maps … n’existe pas ! Le village le plus proche, en continuant dans cette direction, c’est … 8 heures marche ; en faisant ½ tour seulement … 4 heures ! Inutile d’espérer capter le moindre réseau dans la région non plus …

Epilogue 1 : retour à la voiture près de laquelle est garé … un 4X4 ! Le chauffeur est un allemand vivant en Zambie qui nous explique le chemin est inenvisageable sans 4 roues motrices … si l’on est un conducteur expérimenté ; il nous aide à changer la roue, sortir de l’ornière, et nous conseille de faire ½ tour : le pire est devant nous ! Nous suivons évidemment son conseil : back to Lusaka pour prendre la route principale, plus longue mais la seule réellement carrossable !

Quand pour lui expliquer nos déboires, nous évoquons Google Maps, il part d’un éclat de rire : nous ne sommes pas les premiers à nous être fait piéger !

Epilogue 2 : tard, très tard, nous arrivons au lodge et expliquons notre retard. Le responsable compatit puis nous raconte avoir plusieurs fois « écrit à Google » pour les informer de l’extrême dangerosité de l’itinéraire … sans la moindre réponse.

Google plaidera certainement non coupable, rejetant la faute sur les organismes locaux qui lui fournissent les précieuses données, à l’instar de l’IGN en France ; mais on pourrait espérer qu’une société qui a engrangé plus de 30 milliards de dollars de bénéfices l’an passé puisse se soucier un peu plus de la qualité des services qu’elle met à la disposition de ses clients.

Pire : Google, grâce à ses algorithmes magiques, semblent INVENTER des routes où il n’y en a pas : car quand on passe du mode plan au mode satellite, on voit apparaître des routes qui n’existent pas !

Explication : la carte indique clairement que la route RD 491 tourne à gauche quand on vient du Nord … et que moi, qui ai été tout droit, me suis naturellement retrouvé sur un chemin non carrossable par ma seule faute.

En mode satellite, même constat : la route tourne à gauche …

Mais lors du passage du mode plan au mode satellite, la route met une fraction de seconde à venir se placer : et la copie d’écran – faut faire très vite – montre très clairement que la belle RD 491 … n’existe pas : juste une saignée dans la forêt, peut-être pour une ligne à haute tension.

Conclusion : Google Maps invente des routes pour envoyer ses utilisateurs dans le ravin : notre voiture était à deux doigts de se renverser quand nous avons rebroussé chemin. Mais quand on gagne plus de 30 milliards de dollars de bénéfices, une telle éventualité, c’est dans l’épaisseur du trait.

Bilan son malheureux client en Zambie : une ½ journée de perdue, ¼ de plein d’essence (6 dollars), 200 kilomètres (95 dollars) de location de voiture en sus, plus les frais occasionnés par l’accident (pneu détruit et pot d’échappement endommagé = 579 dollars) … et franchement, on a eu de la chance !

Dernière précision : ce texte reprends en partie un mail que j’ai adressé à un cadre dirigeant de Google en France, en lui suggérant, s’il ne pouvait répondre, de transmettre à quelqu’un de compétent ; vous devenez la réponse : Google ne s’abaisse pas à répondre !

PS : heureusement, les paysages à notre arrivée à Chirundu, au confluent de la rivière Kafue et du Zambèze, nous ont bien récompensé, comme le montre la photo prise le lendemain.