Les influenceurs, l’Arnaque avec un « A » majuscule
Les marketers se montrent toujours très sensibles aux modes, avec une fâcheuse à confondre moyens et stratégie : bref, ils usent et abusent volontiers des services des influenceurs, sans trop se soucier de l’honnêteté de ces derniers, bien souvent domiciliés à Dubaï, voire maintenant Bali, vue la flambée des prix de l’immobilier dans l’émirat.
Oui, mais quelle puissance, direz-vous ? Ah bon ? Prenez Instagram : sans même parler de Cristiano Ronaldo et de ses 670 millions d’abonnés, il y a plein de comptes hyper pointus qui dépassent les 50 ou 100 000 followers, si on cible bien, c’est efficace.
Ah bon ? Prenons un compte comme celui d’Anna Goldman, 57,1 k followers pour être précis, à l’heure où je rédige ces lignes : pourquoi elle ?
Parce que je viens de recevoir une notification d’un groupe WhatsApp que je ne connaissais – et donc je ne connais d’ailleurs aucun membre, et surtout pas le créateur, un certain ~LarryMendoza, basé au Yemen si j’en crois l’indicatif +967.
L’animateur du groupe, une certaine ~Célia Hubert, doit résider au Bangladesh – à moins que ce ne soit un robot, vu que sa photo a juste été piquée sur la page Instagram d’une photographe nommée Yana – et que ses propos semblent bien répétitifs :
« Dans ce groupe, nous proposons de simples tâches Instagram. Ton travail consiste à suivre un compte ou aimer une publication, et tu recevras instantanément 10 € pour ta première tâche. Ensuite, tu pourras continuer avec d’autres tâches et gagner entre 100 € et 350 € par jour ».
Comment ça marche ? « Nous travaillons avec des influenceurs pour les aider à développer leurs pages Instagram. Ils nous paient, et nous partageons les revenus avec vous, c’est aussi simple que ça ».
Tout un système qui se construit entre les pays des donneurs d’ordre (= les annonceurs français, par exemple), ceux des petites mains mal payées (Bangladesh par exemple) avec désormais une bonne dose d’IA pour huiler la machine : le progrès, sans doute !
Qui finance cette superbe escroquerie ? C’est simple : les marketers qui vont ensuite payer les services bidons de ces influenceurs ! Un sacré marché qui pèse pour la France plus de 500 millions d’euros – excusez du peu !
Et contrairement à ce que dit mon illustration, il n’y a pas qu’un seul et unique escroc sur Instagram, YouTube ou TikTok : ils pullulent !



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