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Toute autorité est-elle néfaste ?

Mai 1968 : deux représentations de l’autorité s’affrontent dans les rues et pour les étudiants, le choix est simple.

D’un côté, le Général de Gaulle et ses CRS ; les jeunes scandent « CRS = SS », rejetant en bloc la société de consommation dont ils héritent, et les structures étatiques qui la sécurisent jusque dans les rues étroites du Quartier Latin.

De l’autre, Jean-Paul Sartre juché sur un tonneau, haranguant les ouvriers devant les portes des usines Renault à Boulogne – il y a 50 ans, il y avait encore des usines et des ouvriers dans cette banlieue chic !

D’un côté, l’autorité oppressive, dont ils doivent absolument se libérer ; de l’autre, l’autorité morale, qui s’impose très naturellement à eux.

Peu importe que la première soit issue d’un choix démocratique : après tout « élections pièges à cons », lit-on également sur les banderoles ! Les uns après les autres, les gouvernements de la 5ème République enverront les forces de l’ordre endiguer les révoltes étudiantes, parfois avec une violence inouïe quand en 1986 les voltigeurs de Pasqua chargeront le jeune Malik Oussekine.

De l’autre, l’autorité positive qui s’impose par la seule force de la raison ; l’autorité des philosophes qui nous guide comme le flambeau de la Statut de la Liberté : l’autorité qui nous dicte de jeter à bas l’autorité oppressive, qui a perdu toute légitimité.

Peu importe que d’aucuns jugent erronées les analyses de Sartre, et qu’une autre autorité comme Raymond Aron puisse se ranger du côté de l’ordre et du Général de Gaulle : en fait, il existe autant d’autorités morales que de gens pour y adhérer.

Il n’est d’autorité que très relative ! Petit bon en avant pour mieux s’en rendre compte.

Campagne pour les Présidentielles 2017 : Le Pen, Fillon, Macron, Hamon et Mélenchon s’affrontent sur le plateau de TF1 ; tous les commentateurs ne peuvent que le constater, l’autorité de Fillon s’effondre sous les coups de boutoirs des affaires, et celle de Macon s’envole.

Autorité, popularité, ici c’est pareil : un philosophe, un politique qui guide une population par son discours, sa pensée, comment ne pas lui reconnaître une certaine autorité ?

Même à Le Pen, cela me peine à le dire : il n’est d’autorité positive que pour ceux qui y croient !

Soudain, toutes mes illusions s’envolent : il n’y a pas d’un côté les bons, avec une autorité plus ou moins large, et nécessairement positive ; et les autres … L’autorité qui guide … et les méchants, qui oppriment !

C’est ça, l’autorité ?

J’ouvre mon vieux Gaffiot – le dictionnaire de référence, c’est-à-dire celui qui fait … autorité en matière de version latine : deux colonnes pour « auctoritas », autant dire qu’il n’y a pas une autorité, même à l’époque !

Pèle mêle, on trouve de la confiance, du droit de possession et bien sûr, du pouvoir : les exégètes trieront.

Pour rester dans le registre universitaire, il y a l’autorité des mandarins. Autorité auprès de ses pairs acquise par la qualité de ses recherches. Autorité auprès de ses étudiants conférée par le statut. Autorité étouffante également, qui empêche les ruptures : Barthes en fit les frais avec le Système de la mode !

En d’autres termes, socialement l’autorité n’a de réelle fonction que d’être un objet à contester : les autorités opprimantes bien sûr, mais aussi les autorités étouffantes – pourtant si confortables à accepter : toute soumission n’est pas nécessairement désespérante, certains s’en accommodent aisément !

Peut-on échapper à cette vision manichéenne, d’autorité nécessairement négative versus une rébellion nécessairement constructive … même si, à terme, celle-ci débouchera sans doute sur une nouvelle autorité à combattre ?

Un bref retour sur le 20ème siècle, du moins sur ce que j’en ai vécu, non : après la Lutte avec une majuscule contre l’autorité fasciste, il y aura les luttes syndicales, puis Mai 68, etc. La lutte institutionnalise même l’autorité : sans rébellion, pas de pouvoir !

L’autorité est partout : dans la morale, dans la politique, dans le travail … tout comme la lutte : contre les tabous, contre les tyrans, contre les patrons.

Retour aujourd’hui : les jeunes générations semblent pourtant remettre en cause cette vision manichéiste du monde : elles ne cherchent plus à casser les pouvoirs établis, elles se content de vivre en marge : la meilleure façon de saper une autorité, ce n’est pas de la combattre, mais de la nier.

C’est nouveau, personne ne sait où cela va nous conduire, ni si cela durera, mais après une génération post soixante-huitarde de rébellion, puis une d’acceptation, arrive la Génération Z qui semble vouloir se construire ailleurs et autrement : à suivre !

La « silveRevolution » est en marche

Christine Laroulandie, Directrice de la Communication de Malakoff Médéric, s’intéresse à la place des seniors dans notre société.

MarketingIsDead : Tu viens d’organiser, à l’initiative de Malakoff Médéric, une conférence sur les enjeux du vieillissement de la population française avec de belles têtes d’affiches comme l’ancien patron de l’Insee Hervé Le Bras, le sociologue Serge Guérin ou le philosophe Raphaël Enthoven : pourquoi un tel évènement, et pourquoi maintenant ?

Christine Laroulandie : Le vieillissement des Français est une révolution économique et sociétale. Aujourd’hui, les plus de 65 ans représentent 18 % de la population française. Demain, en 2030, ils seront 23 %.
Ces  seniors ont de nouveaux modes de vie et de consommation, de nouvelles attentes. Et ils comptent bien profiter de « ce temps de vie en plus », inédit dans l’histoire de l’humanité.

Ils aspirent à mener à tout âge une vie normale : continuer à vivre chez eux, à prendre soin de leur santé, à faire leurs courses, à avoir des loisirs, à voyager, à conduire, à voir leur famille, leurs amis … Bref, avoir des projets et les réaliser.

Cette évolution est un défi pour les entreprises, qui doivent adapter leur offre dans de nombreux secteurs d’activité, et un enjeu pour toutes les générations, car les innovations destinées à faciliter la vie quotidienne  des seniors ont souvent vocation à profiter à la société toute entière.

Le sociologue Serge Guérin le dit : « Il est temps de changer de regard sur les seniors.  Ils ne sont plus les mêmes qu’il y a trente ou quarante ans, et sont tous différents entre eux. Il faut donc penser davantage en termes de style de vie que d’âge. Les seniors ne sont pas tous vieux, malades et dépendants, ou riches et technophiles ! Entre ces deux extrêmes, toutes les nuances existent. Il est donc nécessaire d’adapter les réponses aux différents types de publics ».

Or, comme le montre l’étude exclusive de Harris Interactive pour Malakoff Médéric « Les entreprises face aux enjeux du vieillissement », il y a un écart très important entre la prise de conscience de cet enjeu par les entreprises (pour 94% d’entre elles, c’est un enjeu important) et le passage à l’action. En effet, moins d’une entreprise sur trois a commencé à adapter sa stratégie ou son offre au marché des seniors. Les chefs d’entreprises appréhendent le vieillissement de la population essentiellement sous l’angle de la perte d’autonomie. Ils considèrent que les secteurs de la vie quotidienne (mobilité, tourisme, habitat, banques / assurances…) comme des enjeux moins fondamentaux. Pourtant, les seniors   considèrent ces secteurs comme essentiels, comme le met en évidence le Baromètre de la retraite Malakoff Médéric.

Parce que ce décalage entre conscience et action des entreprises est important, parce que les enjeux économiques et sociaux de ce choc démographique sont essentiels tant pour les entreprises que pour les retraités, et finalement pour toutes les générations, il nous a paru important, chez Malakoff Médéric, de provoquer une réflexion.

Malakoff Médéric est un acteur majeur de la protection sociale. A travers nos deux métiers, l’assurance de personnes en santé et prévoyance, et la retraite complémentaire, nous avons un lien à la fois avec les entreprises, leurs salariés et avec les retraités. Nous sommes très engagés pour le bien vieillir. Nous avons donc décidé d’organiser un évènement sur la « silveRevolution ».

Notre ambition était d’interpeller les entreprises sur cet enjeu majeur, de partager, d’échanger, d’inspirer, de faire émerger idées et initiatives innovantes pour adapter l’offre des entreprises aux seniors.

Nous avons donc organisé le 14 mars une conférence dans un format inspiré des TEDx, pour qu’elle soit moderne et impactante. Nous avons donné la parole à des acteurs économiques qui se sont déjà emparés du sujet et innovent en faveur du bien-vieillir, comme Saint-Gobain, Carrefour, La Poste, les Industries Textiles. Netexplo, l’observatoire bien connu des innovations digitales dans le monde, et une startup particulièrement innovante, Aina, ont également apporté leur témoignage.

Nous avons aussi  voulu donner la parole à des experts et grands témoins : le démographe Hervé Le Bras, le sociologue Serge Guérin, le spécialiste des sondages d’opinion Jean-Daniel Lévy et le philosophe Raphaël Enthoven. Ces différents regards ont donné au public, parmi lequel de nombreuses entreprises, une vision très globale de cet enjeu à la fois économique, social et sociétal.

Pour enrichir la réflexion collective, et permettre de vivre ou revivre la conférence, nous allons d’ailleurs mettre en ligne prochainement les vidéos  des prises de parole de la conférence sur notre site, à la rubrique silveRevolution (ainsi que, actuellement, sur silverevolution.fr)

Et nous y publierons régulièrement des retours d’expérience d’entreprises, des points de vue, des réflexions, des études et des analyses sur cette thématique.

MarketingIsDead : « La variable critique va être l’espérance de vie en bonne santé », et non la seule espérance de vie, expliquait justement Hervé Le Bras : comment une société comme Malakoff Médéric peut-elle s’adapter à cette contrainte ?

Christine Laroulandie : Malakoff Médéric a deux métiers : l’assurance de personnes en santé et prévoyance, et la retraite complémentaire par répartition. Les deux axes forts de notre projet d’entreprise sont de préparer l’avenir et de placer l’humain au cœur de nos préoccupations.

En assurance, nous développons des produits et services personnalisés, innovants et utiles,  pour donner aux collaborateurs de nos entreprises clientes et à nos clients individuels les moyens d’agir pour leur santé et leur bien-être au quotidien. Nous sommes également très actifs pour accompagner les aidants,  en particulier les salariés aidants, qui sont nombreux.

Nous développons aussi des services pour accompagner nos clients retraités dans leur projet de vie, tout au long de leur avancée en âge. Nous voulons jouer un rôle actif en faveur du bien vieillir, aux côtés de l’Agirc Arrco.

Et enfin nos actions sociales retraite et assurance sont très engagées sur la problématique du bien vieillir et sur celle des  aidants.

MarketingIsDead : La problématique du vieillissement est mondiale : au Japon, comme le montrait Thierry Happe de Netexplo, se développent tout un parc de robots de compagnie, qui semblent entrer en « empathie » avec les seniors ; mais jusqu’où l’intelligence artificielle pourra-t-elle se substituer à la présence humaine ?

Christine Laroulandie : Thierry Happe observe que « Aujourd’hui, les recherches qui concernent la Silver économie portent d’une part sur les biotechs permettant une évolution du corps et un prolongement de la vie, et d’autre part sur des outils externes, considérés au début comme des gadgets mais qui sont en train de passer à une autre étape. Si toutes ces innovations vont contribuer à ralentir les effets et les signes du vieillissement, aucun robot ne remplacera jamais le contact humain ».

Il n’est pas le seul à avoir cette analyse. Les retraités le disent eux-mêmes, et toutes les études le montrent, en particulier notre Baromètre de la retraite : le lien social est essentiel pour bien vieillir La présence humaine, avec des relations de qualité, est donc primordiale.

MarketingIsDead : En parallèle de cette conférence, vous organiseriez un Village des startups : le marché des seniors, un nouvel Eldorado pour les jeunes pousses, ou plutôt une problématique sociétale qui interpelle de nouveaux acteurs.

Christine Laroulandie : Les grands Groupes sont pionniers sur cette thématique. Mais il existe aussi en France de nombreuses startups qui sont aussi au cœur de l’innovation au bénéfice du bien vieillir. Nous avons voulu montrer des points de vue innovants en sélectionnant 15 startups particulièrement intéressantes et en les invitant à présenter leur offre et à échanger avec le public, avant la conférence, dans un « Village des startup ».

Elles interviennent dans des domaines extrêmement variés ; santé, alimentation, culture, mobilité, numérique, lien social, gestion administrative, transmission des passions, sécurité, maintien à domicile, habitat, solutions d’hébergement…. On peut aussi les retrouver sur silverevolution.fr.