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Avec Linky, rien à craindre …

… ou plutôt rien à en espérer, du moins pour les clients EDF !

Pour que le nouveau « compteur intelligent » fonctionne … intelligemment, il a besoin de données … intelligentes !

Je sais, ça fait un peu truisme ou tautologie, mais parfois mieux vaut insister !

Le système e.quilibre de l’opérateur historique sensé vous permettre « Comprendre votre conso et agir pour la réduire », conjugue deux sortes de données :

  • Celles remontées de Linky – le compteur qui sait tout et fait peur à bien des gens ;
  • Celles déclarées par les consommateurs eux-mêmes dans un questionnaire en ligne … qu’un chargée d’études même stagiaire aurait eu honte de rédiger !

Car c’est bien là que le bats blesse : si Linky est supposé intelligent – on nous le rabâche à longueur des courriels –, certains chargés d’études d’EDF ne le semblent pas tant que ça.

Un exemple ?

On vous demande poliment si la résidence concernée est votre résidence principale ou secondaire : logique, car on ne consomme pas autant d’énergie dans le second cas … à moins d’y habiter à longueur d’année, mais ça devient alors sa résidence principale !

Et ensuite, il vous préciser si vous vous en absentez – de votre résidence secondaire – tous les weekends, un sur deux, etc. Bizarre, j’aurais pensé que justement, sa résidence secondaire, on ne s’en absentait pas le weekend, mais au contraire qu’on s’y rendait le weekend !

Quand vous en arrivez là dans le questionnaire, vous vous dites que franchement, ça ne vaut vraiment pas la peine d’aller plus loin !

Et surtout, que si on réalise grâce au compteur intelligent des économies, ce ne sera pas grâce à EDF !

Et pourtant, il faudra bien en faire des économies, car Enedis compte bien vous le faire payer – pas tout de suite, mais bientôt – ce magnifique compteur intelligent … avec les économies que vous ferez.

Ça se présente finalement vraiment mal.

Les 30 peut-être pas si glorieuses

On qualifie de 30 Glorieuses, les 30 années de croissance ininterrompue qu’a connue notre pays de la fin de la 2nde Guerre Mondiale aux Chocs Pétroliers des années 70 : tout paraissait si simple alors, il suffisait de chercher un job pour en trouver un … sans même à devoir traverser la rue pour faire la plonge !

Même si les Baby-boomers qui jettent aujourd’hui un œil nostalgique sur la période oublient qu’ils ont violemment rejeté cette même société en Mai 68 …

Pourtant ces 30 « pas tout à fait » Glorieuses ont instillé le gravissime axiome comme quoi sans croissance – et surtout une croissance forte – pas de salut !

Les séquelles s’en font hélas ressentir aujourd’hui !

Avec le mythe d’une croissance forte, inéluctable et surtout absolument nécessaire s’est instaurée une culture du productivisme … et l’industrialisation accrue de notre agriculture et de nos élevages. Résultat : des sols gorgés de pesticides et une planète que l’on détruit à marche forcée.

Les désastres écologiques d’aujourd’hui trouvent leurs origines dans les 30 Glorieuses : pas seulement en raison des masses d’engrais inutilement répandues mais aussi philosophiquement : vive le progrès … et tant pis si ce progrès détruit la nature !

Autre idée reçue de ces années paradisiaques : plutôt que de partager, créons plus de richesse pour donner aux pauvres la part qui leur est due.

Sauf que cette théorie – donnons de la brioche aux riches pour que les pauvres mangent quelques miettes – ne fonctionne guère qu’en période de croissance absolue … quand cette croissance est possible.

Mais aujourd’hui que celle-ci ralentit … fini le ruissellement : et comme on ne partage pas – comme les économistes ne nous apprennent pas à partager – les pauvres demeurent pauvres, et les inégalités se creusent.

Car s’il est cependant un mérite que l’on peut attribuer aux 30 Glorieuses, c’est bien celui d’avoir su réduire la fracture sociale – une fracture qui ne fait que s’amplifier depuis le début des années 80.

Enfin on oublie un peu trop vite que la richesse des 30 Glorieuses ne doit rien aux prestigieux économistes ou chefs d’entreprise de l’époque mais à … l’immense catastrophe précédente : la 2nde Guerre Mondiale, qui a détruit l’Europe – une Europe qu’il fallut bien reconstruire.

Bref, si les 50 dernières années n’ont pas été fastueuses, les 30 précédentes ont façonné les préjugés dont nous payons aujourd’hui les dividendes.