FLaurent, Auteur à Marketing is Dead - Page 25 sur 32
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Author:FLaurent

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La dérive des continents culturels

Quand on évoque le phénomène du trolling des marques par les socionautes, la plupart des marketers demeurent incrédules : déjà, la plupart ne connaissent même pas un terme pourtant promis à un bel avenir !

En deux mots, que doit-on entendre par là ? Que les consommateurs jouent aux méchants petits lutins de la mythologie scandinave aux dépens des marques, un peu ces derniers savaient se montrer espiègles à l’égard des humains qu’ils piégeaient. Enfin pas toujours espiègles, parce que parfois ils s’amusaient à dévorer quelque marmot : pas très sympa.

On distingue généralement deux formes de trolling : le trolling vengeur – où un client châtie la marque qui lui rend de mauvais services, par exemple un fournisseur d’accès qui coupe de manière impromptue sa ligne, ou un site de vente en ligne qui plante lamentablement à l’heure de la transaction ; et le trolling bête – où l’internaute cherche juste à nuire aux annonceurs, sans raison évidente ou du moins apparente.

Ce genre de comportements – qui va bien au-delà du « bad buzz », échappe totalement aux directeurs marketing parce que hors de leurs références culturels : eux-mêmes se montrent plutôt respectueux à l’égard des marques que gèrent leurs confrères, et que des gens censés puissent ainsi se divertir en sapant leur travail leur est totalement inconcevable.

Le problème, c’est qu’au fil des ans, la fracture se creuse entre ces deux univers culturels : celui des CMO et celui des internautes des générations Y et maintenant Z ; entre ceux qui gèrent les marques et ceux qui animent le Web social. Et ces deux univers ne sont pas prêts de se rejoindre …

D’un côté, des managers qui n’ont certainement pas croisé de – vrais – consommateurs depuis bien longtemps : ils en connaissent l’âge, le sexe, l’habitat, les motivations et comportements d’achat, les fréquentations médias, etc. Tout ce que les études leur fournissent : mais chiffres et rapports ne suffisent pas toujours à comprendre les gens, il faut parfois rajouter de la chaire sur les os.

De l’autre côté, des jeunes pour qui la pratique des médias sociaux ne constitue pas un dérivatif, un complément à une vie trépidante de bureau – ou pire, un outil de travail pour les adeptes du social selling en B2B – mais la « vraie vie », car c’est là que tout se passe pour eux, et c’est là qu’ils puisent leurs références culturelles.

Dans le Matin des magiciens, Pauwels et Bergier évoque comment certains physiciens allemands, complètement coupés du reste du monde durant la seconde Guerre Mondiale, s’était créés en quelques années de nouvelles références culturelles en totale rupture avec celle des autres pays occidentaux, croyant notamment en la théorie d’une terre certes ronde mais … creuse, avec les étoiles en son centre, d’où les erreurs balistiques des V2.

On pourrait citer également l’incrédulité des Persans de Montesquieu découvrant le royaume de France : quand deux mondes ne communiquent pas, ou très peu, ils développent des systèmes référentiels extrêmement divergents ; quand les membres de l’un de ces monde se penche sur l’autre, ils lui appliquent des grilles de lectures incompatibles – d’où une totale incompréhension.

Le trolling ne constitue qu’un comportement parmi d’autres – et bien d’autres encore à venir – qui souligne la barrière culturelle entre le monde des CMO – de brillants managers, quadras et quinquas – et de jeunes consommateurs en pleine construction d’une société fondée sur des valeurs quasiment inexistantes au début de ce siècle ; non pas une barrière générationnelle – qui a toujours existé, évoluant au fil des ans – mais culturelle, les références des uns échappant totalement aux autres.

Et comment après l’éclatement de Pangée, ces continents culturels dérivent de plus en plus loin les uns des autres, sans espoir prochain de réunion.

Comment aider les startups à réaliser leurs premières ventes ?

Rencontre avec Alain Beauvieux, créateur de PremièresVentes

MarketingIsDead : Tu lances PremièresVentes, destiné à aider les startups parce que 90% d’entre elles échouent : c’est énorme !

Alain Beauvieux : C’est effectivement énorme ! Le chiffre, et d’autres statistiques pas beaucoup plus réconfortantes, est publié par le site 1001startups. Il traduit l’énorme difficulté qu’ont ces sociétés à vendre leur produit. La vraie difficulté est d’ailleurs d’en avoir un, au sens marketing. Bien souvent le produit se résume à de la technologie et quelques idées sur « à qui la vendre » (le terme cible serait inapproprié). Quant à « Pourquoi ? » et « Comment ? », généralement, ces questions n’ont pas été abordées. Pas plus que les avantages compétitifs et différentiateurs …

C’est sans doute un mal français, pays d’ingénieurs, où de fabuleuses technologies sont mises au point mais sans réelle réflexion sur le marché, la façon de l’atteindre. Ou s’il y a eu réflexion préalable, elle est très théorique du type Business Plans avec très peu de confrontation à la réalité : pas ou très peu de POC, ni users groups ou tests marchés.

MarketingIsDead : En deux mots, c’est quoi, votre offre ?

Alain Beauvieux : Justement, réaliser les « premières ventes », objectif ambitieux car il impose de savoir ce que l’on vend, à qui et pourquoi. Excellent driver donc car c’est en se fixant cet objectif – le seul qui ait vraiment du sens pour une entreprise– nous allons nous poser et poser à l’équipe les bonnes questions.

Notre offre est à trois niveaux : Getting Started qui permet de se connaitre et d’évaluer ce que sera la valeur ajoutée de l’équipe PremièresVentes ; Sales actions, où pendant 3 à 6 mois, nous sommes sur le terrain et What’s next pour justement préparer l’avenir en capitalisant sur ce qui a été fait.

Nous nous rémunérons sur la base d’un forfait calculé à des prix serrés et une rémunération variable sur le succès commercial de notre travail. Ce qui signifie aussi que nous prenons un risque car en cas d’échec la sanction sera immédiate pour nous aussi !

MarketingIsDead : Donc un engagement réel sur résultats …

Alain Beauvieux : Oui, réel d’où la partie variable calculée sur le succès commercial. Peu de gens, sauf à l’avoir été soi-même, se rendent compte des efforts que font les patrons et les collaborateurs de start-ups.

Les heures ne sont jamais comptées ; les salaires rarement très élevés et l’engagement total, 7 jours / 7 – 24 heures / 24. Beaucoup y perdent énormément sur le plan familial. Pour nous, cette prise de risque c’est une question de principe vis-à-vis de nos interlocuteurs : nous la leur devons !

MarketingIsDead : Parlons un peu du dirigeant : c’est quoi ton expérience de la vente ?

Alain Beauvieux : J’ai un profil atypique : Docteur en informatique, Thèse en Intelligence artificielle que j’ai préparée dans un Centre de recherche d’IBM. Et j’ai eu la chance que, dans l’esprit de mes managers de culture américaine, la formation par la recherche était un excellent point d’entrée aux métiers … commerciaux !

En France, cela fait sourire, pas aux USA. J’ai donc fait dans la foulée l’école commerciale IBM (excellente) et leur école de management. Et j’ai eu l’immense chance de pouvoir pendant toute ma carrière professionnelle, me consacrer à la promotion et la vente de logiciels innovants : reconnaissance de la parole, traduction automatique (il y a 25 ans !) et bien évidemment depuis 1999, avec des produits pour Internet, en commençant par des moteurs de recherche.

La vente, qui plus est celle de produits innovants, est un métier passionnant qui permet très vite de comprendre que sans marketing, sauf à se prendre pour un « vendeur de soupe », rien n’est vraiment possible. Cette expérience que j’ai accumulée depuis bientôt 30 ans (y compris en tant que dirigeants de start-ups), j’ai envie, nous avons envie chez PremièresVentes, de la faire partager !

MarketingIsDead : Les startups sont des entreprises légères : et Premières Ventes, comment allez-vous fonctionner ?

Nous sommes une équipe et non une entreprise au sens traditionnel, au sens du 20ème siècle. Le sens de l’innovation nous l’avons aussi sur notre organisation en nous focalisant sur ce que chacun de nous peut apporter à nos clients, notre réelle valeur ajoutée sans leur facturer des coûts de structure qui ne leur servent à rien.

Finalement, nous sommes précurseurs de ce que vont devenir les entreprises du 21ème siècle, des femmes et des hommes capables de se regrouper rapidement sur un projet, qui se connaissent et connaissent leur valeur ajoutée pour atteindre des objectifs souvent ambitieux. Il n’y a pas de frein organisationnel chez PremièresVentes. Juste la volonté de réussir.

On a marché sur la lune

Le secteur de l’assurance n’est certainement pas un des plus dynamiques en termes d’innovation ; raison de plus de saluer l’arrivée de Moonshot-Internet, que viennent de lancer Alexandre Rispal et Emilien Matte.

MarketingIsDead : Alexandre et Emilien, vous venez de lancer Moonshot-Internet, une compagnie d’assurance d’un nouveau genre …

Alexandre et Emilien : En effet, au début nous nous sommes intéressés au départ à la manière de répliquer Rocket Internet (usine à startups) dans le monde de l’assurance. Cette réflexion a rejoint une volonté de Société Générale Insurance de travailler sur un sujet proche, sujet qui était piloté par Alban Lavril.

C’est ainsi qu’est née l’initiative Moonshot-Internet au sein de Société Générale Insurance.

Très vite deux autres personnes se sont jointes à nous : Marie Huyghues-Beaufond et Nicolas Serceau. Depuis mars 2017, Moonshot-Internet est une société à part entière immatriculée auprès de l’ORIAS.

Moonshot-Internet souhaite révolutionner la manière de concevoir l’assurance et la façon dont elle est perçue. Nos produits seront simples, proposés en ligne et nos clients seront remboursés automatiquement.

Pour y parvenir, Moonshot-Internet a créé une véritable usine à produits permettant de lancer de nouvelles offres entre 30 et 90 jours.

Moonshot-Internet veut devenir un partenaire incontournable des sites d’E-commerce en leur proposant un revenu complémentaire ainsi qu’un service à valeur ajoutée pour leurs clients de manière simple grâce aux API mises à disposition en ligne pour nos partenaires.

MarketingIsDead : Cette startup s’est développée dans le giron d’un grand groupe ?

Alexandre et Emilien : Cela a été une aventure au long cours depuis 12 mois. En effet, l’un des enjeux est de combiner l’état d’esprit « start-up » avec le fonctionnement d’un grand groupe. Nous avons été accompagnés par des sponsors internes très impliqués, condition indispensable à la mise en place d’une telle initiative. Par ailleurs, nous sommes attentifs à partager largement notre expérience au sein de notre groupe.

MarketingIsDead : Quel regard portez-vous sur l’assurance dans notre pays ?

Nous constatons que le secteur évolue rapidement en Asie et aux Etats-Unis. L’Europe depuis quelques années innove également en Allemagne, Scandinavie et Royaume-Uni.

Moonshot-Internet souhaite s’ancrer dans cette dynamique en France et prendre un rôle actif au développement de l’Assurtech.

MarketingIsDead : Alexandre, dans le même temps tu écris de nombreux ouvrages, y compris sur le cyclisme et sur le transhumanisme : qu’est-ce qui te motive ?

Alexandre : C’est vrai que cela peut sembler relativement éloigné.

En fait, a posteriori, je me rends compte qu’il y a un point commun. Dans le cyclisme, mon ouvrage traite de la technologie du dopage. Dans le transhumanisme c’est l’amélioration globale de toutes les fonctions humaines. Bref, on retrouve la notion de performance, qui est aussi dans l’ADN de Moonshot-Internet.

Cyberattaques : vous n’avez encore rien vu !

Je me rends ce matin sur le site de Météo France pour connaître les températures prévues pour l’après-midi à Vincennes … page inaccessible !

Je me rends sur Voyages Sncf pour acheter un billet de train, je valide ma commande, renseigne ma carte de crédit, ajoute le petit code que Visa m’envoie par SMS … et pouf ! Plus rien.

Bonne surprise : chez Trainline, ça marche.

Je pars chez mon dentiste et après de longues minutes de souffrance, la secrétaire tente de se connecter à l’ordinateur pour me fixer un nouveau rendez-vous … en vain !

Comme les médias ne parlent que de « cyberattaques » et que les spécialistes – est-ce vraiment le mot, vu qu’on a l’impression qu’ils ressassent en boucle des discours auxquels ils semblent à peine croire – nous précisent que certainement beaucoup de PME et de particuliers ont été touchés sans qu’on ne le sachent encore, je me dis que c’est encore un coup des Russes, voire des Coréens du Nord.

Bonne nouvelle : mon dentiste me précise que le système rame depuis bien avant le weekend – c’est vrai que les terminaux ne sont pas de toute première jeunesse – et de retour à mon bureau, je découvre qu’on va friser les 26° à Vincennes : ce n’était qu’un dysfonctionnement mineur, sans doute.

Quant à Voyages Sncf, « il y a actuellement quelques petits soucis avec Chrome, il vous fait tourner en rond après la validation du code », dixit le Community Manager – ce qui explique que je n’ai pas eu de problème avec Trainline, en utilisant … Google Chrome.

Donc, pas de panique … mais il est clair que dans les jours et les semaines qui viennent, bien des utilisateurs vont regarder leur ordinateur d’un autre œil – et se préparer au pire : peut-être arrêteront-ils de cliquer sur n’importe quelle pièce jointe, cela leur évitera d’être victime de phishing.

Regarder leur ordinateur … mais pas leur téléphone, et encore moins leur bracelet connecté – quant à la programmation à distance de leur chaudière ou de leurs volets roulants …

Pourtant les cyberattaques ne se limiteront certainement pas dans les années à venir aux seuls objets communiquant qui sont les PC et les mobiles : déjà les premières attaques par déni de service – ou DDoS pour Distributed Denial of Service Attacks – via d’anodins objets connectés ont eu lieu l’an passé.

Des braqueurs qui prennent à distance le contrôle d’une voiture connectée pour l’envoyer dans la vitrine d’une bijouterie, on ne voit ça que dans les séries américaines … pour l’instant ; demain, les joaillers de la Place Vendôme ont quelques soucis à se faire !

Le cyber terrorisme via IoT va se banaliser dans les mois et les années à venir ; le cyber terrorisme … ou simplement la petite délinquance, puisque l’on peut lire les informations contenues dans votre carte de crédit juste en passant un téléphone à proximité : évitez de prendre le métro avec votre Visa ou votre Mastercard !

Le monde hyper connecté de demain – où il sera difficile de se procurer des objets non connectés – sera aussi celui des grandes angoisses : de voir sa voiture quitter la route sans raison, de voir son compte en banque glisser brutalement dans le rouge

Avant que d’entendre la police politique frapper à votre porte … Salut Orwell !

Restaurer la confiance envers les marques d’assurance : une utopie ?

Les Français n’aiment pas leurs assureurs et leurs banquiers qui leur rendent bien : au-delà du lieu commun – il est toujours de bon ton de taper sur ceux qui gèrent nos sous ou que l’on paie pour des services qu’on espère, ils ne nous rendront pas –, on constate « une indifférence croissante de la part des Français envers les marques » d’assurance, constate de Philippe Le Magueresse d’Opinionway, qui effectue tous les ans un bilan complet d’image des principaux acteurs du secteur. A cela s’ajoute la mise en œuvre de la loi Hamon qui permet à tout un chacun de se désengager à tout instant : bref, les perspectives semblent bien sombres !

Finie l’époque des promesses fortes et des discours enchanteurs, les marques doivent restaurer la confiance ; « une confiance qui passe par une relation au quotidien », selon cet expert.

A défaut, jamais les conducteurs n’accepteront de communiquer leurs données de conduite automobile ou de laisser les compagnies consulter celles issues de leurs objets connectés.

Pour un diagnostic approfondi, le LAB invite le jeudi 18 mai Philippe Le Magueresse pour nous expliquer comment évolue aujourd’hui la confiance des consommateurs dans les marques d’assurance – et comment la restaurer.

S’en suivra une table-ronde réunissant :

  • Emmanuel Chazalet, Responsable Communication Externe, AG2R La Mondiale,
  • Philippe Lucas, Directeur Général de Wellcom, spécialiste des relations publiques et des marques
  • Jean Wattin-Aaugouard, journaliste à la Revue des Marques
  • Constance Wible, Responsable Communication Groupe, MACSF Assurances

Ouverture de la Table Ronde : Nathalie Lemesle, Expert RH dans la mode et la création, Directrice de Adeidées, auteur de l’Or Rouge du XXIe siècle.

Pour s’inscrire, c’est ici.

IoT : d’une révolution, l’autre.

Jean-Paul CRENN et Gérard HAAS viennent de publier chez Kawa : L’Internet des Objets : la 3ème Révolution Informatique. Imaginons les usages des échanges d’information de système à système. L’occasion pour moi de vous en livrer la préface … que j’ai eu le plaisir de rédiger.

Notre société a connu ces 20 dernières années plus de bouleversements que les 50 précédentes. Et surtout des bouleversements brutaux, fondamentaux, qui remettent en cause les bases même de notre vie, tant personnelle et sociale … et bien entendu, le travail des gens de marketing qui doivent coller au plus près aux attentes de consommateurs qui eux-mêmes ne savent plus trop où ils en sont.

Il y a tout d’abord eu la révolution de l’empowered consumer au début du siècle quand les consommateurs ont commencé à maîtriser à leur profit l’outil Internet, challengeant grâce à leurs connaissances nouvelles, les vendeurs dans les magasins : fini l’expertise à sens unique, et les marques hyper puissantes, nous entrions dans l’ère d’un dialogue acharné entre distributeurs et clients.

Certaines entreprises se sont emparées avec succès de ces nouveaux outils, détruisant ipso facto la valeur de compétiteurs moins réactifs : ainsi Easyjet a-t-elle révolutionnée le transport aérien, sonnant le glas pour de nombreuses agences de voyage.

Quelques années plus tard, avec les 1ers blogs et les débuts de ce qui allait devenir le Web social, les internautes se sont mués se surinformés en informateurs – de consommateurs à producteurs de contenus ; désormais un avis négatif pesait autant que les millions investis en publicité à 20 heures 30. De nouveaux rois sont apparus, comme Booking ou TripAdisor, ruinant à nouveau l’hôtellerie traditionnelle et, encore, les agences de voyage.

Puis, quelques années plus tard (début des années 2010, donc), notre citoyen producteur de contenus s’est mué en producteurs de services : c’est la naissance de la consommation collaborative, avec ses pionniers aux couleurs « soixante-huitardes » et ses nouveaux géants : les U et A de TUNA (Tesla, Uber, Netflix, Airbnb), prêts à prendre la place des GAFA.

Aujourd’hui, la nouvelle révolution a pour nom « Internet des Objets » – IoT, pour Internet of Things, en anglais ; les Français parlent d’objets connectés, ce qui gomme un peu l’ampleur du phénomène : les objets connectés, on a encore l’impression de les dominer alors que des choses qui discutent entre elles sans que les malheureux humains en soient informés, ça, c’est plus inquiétant.

Et là encore, le marketing va devoir apprendre à se réadapter : difficile quand la majorité des professionnels peinent à digérer les révolutions précédentes !

D’autant que les nouveaux entrants – les outsiders – ne respectent pas les règles du jeu : parfois, le consommateur est content (quand il peut voyager, manger moins cher, ou gagner un peu d’argent en prêtant ses biens à des amis) ; parfois, il s’effraie quand il découvre que ses secrets les plus intimes sont numériquement, mais indélébilement, gravés sur les ordonnateurs des fameux GAFA ou TUNA.

C’est pourquoi, les avocats doivent trouver leur place aux côtés des marketers : il faut séduire le consommateur, améliorer sa vie … mais aussi le protéger. D’où cet improbable attelage d’un marketer et d’un avocat pour rédiger un ouvrage sur les objets connectés.

Cela dit, Jean-Paul et Gérard ont du pain sur la planche : car après celle de l’IoT, d’autres révolutions pointent leur nez : celle des makers avec les imprimantes 3D, quand les consommateurs sont devenir producteurs de biens physiques, comme ils le sont devenus de contenus, puis de services.

A côté du big data, dont tout le monde parle sans trop savoir comment l’attraper, arrive la blockchain, dont personne ne sait vraiment comment ça marche et à quoi sa sert, mais nul doute que ça va tout bousculer.

Dois-je parler du transhumanisme ? De l’IA ?

Jean-Paul, Gérard, à quand le prochain ouvrage sur la prochaine révolution ?

Rencontre avec une Instagrameuse Mode, Lifestyle et Voyage 

Lors du Salon e-marketing, le Club Expérience Digitale de l’Adetem organise le mardi 18 avril à 16 heures 30 une conférence sur les Relations entre les marques et les influenceurs ; pour s’inscrire, c’est ici.

En avant-première, rencontre avec Camille Viovy, « Instagrameuse Mode, Lifestyle et Voyage », que l’on peut retrouver sur @moodmydays.

MarketingIsDead: Hier, les « blogueuses mode » avaient leur … blog, tu privilégies Instagram avec 20 000 abonnés : pourquoi ce choix ?

C’est naturellement que je me suis tournée vers Instagram, dans un premier temps par affinité pour ce réseau social à forte connotation visuelle. J’avais besoin avant tout d’un support pour alimenter ma passion pour la photographie, l’univers visuel m’intéressait plus que celui des mots à ce moment-là. J’ai très vite été séduite par la dimension spontanée de ce réseau social qui me permettait de poster des photos en temps réel facilement, en ayant des retours et des échanges assez rapidement. Les réseaux sociaux, contrairement aux blogs, facilitent les interactions et les échanges avec d’autres personnes. Il est en effet aisé d’acquérir une visibilité sur Instagram, puisqu’il suffit de quelques # pertinents pour être référencé.

Un blog, au contraire, nécessite une certaine expertise en terme de référencement et de visibilité, il n’a pas la spontanéité d’Instagram et nécessite de la préparation, beaucoup de temps, de réflexion, pour des retours rares et difficiles à obtenir. Pour ce que je souhaitais en faire,  Instagram correspondait mieux à mes attentes tournées vers le divertissement, l’univers visuel et le partage. J’ai toujours pensé que si je devais un jour lancer un blog, ce serait dans une second temps, après avoir acquis une certaine visibilité et des abonnés, que je pourrais convertir en futurs lecteurs.

MarketingIsDead : Tu es également Webmarketing Manager des Hôtels du Roy, une chaine d’hôtels d’exception : comment mener plusieurs vies à la fois ?

Cette schizophrénie n’est pas facile à gérer ! Même si je pratique Instagram à titre de loisir, c’est une passion assez chronophage ! Le tout est de faire preuve d’organisation. À mes débuts, j’avais tendance à être facilement submergée, ne connaissant pas encore bien ce monde, j’acceptais beaucoup de partenariats et recevaient tellement de colis qu’il devenait difficile et stressant pour moi de m’organiser pour faire toutes les photos dans les temps. J’ai très vite stoppé ma façon de faire quand j’ai constaté que le stress commençait à prendre le pas sur le plaisir.

J’ai aujourd’hui trouvé mon rythme, une certaine forme d’équilibre et de « routine Instagram ».  Pour ce qui est des posts, j’ai réglé cette routine sur mon analyse de ma communauté, c’est-à-dire savoir quand ils sont le plus réceptifs et engagés. J’ai très vite remarqué, à ma grande satisfaction, que ma communauté était plus réceptives aux mêmes moments où j’étais de mon côté plus disponible : le matin en allant au travail, le midi à la pause déjeuner, ou le soir en rentrant du travail. Pour ce qui est de la préparation des photos, je les réalise la plupart du temps en amont le week-end. Si j’ai du temps j’en fais parfois le soir en rentrant ou le matin avant de partir travailler. Je sais également à peu près combien de partenariats je peux accepter pour ne pas être submergée et continuer de produire de la qualité en continuant de prendre du plaisir.

D’autre part, ce qui facilite pour moi la transition entre ces deux activités est que mon travail ne s’éloigne pas tellement de ma vie d’instagrameuse. Travaillant dans l’univers du web, mon poste consiste entre autres à animer les réseaux sociaux des hôtels pour lesquels je travaille, et à établir les relations avec les blogueuses. De cette façon, je vois l’autre côté du miroir et j’ai une vision plus complète des relations marques-influenceurs ce qui m’aide dans chacune de mes deux activités.

MarketingIsDead : À un horizon plus au moins proche (le temps passe vite sur le web social) tu te projettes dans quoi tu t’imagines faire quoi ?

Pour le moment je n’ai pas le temps de me lancer dans de nouveaux projets, mais cela ne m’empêche pas d’y songer pour plus tard.

J’aimerais beaucoup me lancer dans la blog sphère. J’ai déjà commencé à préparer ce blog que je garde précieusement de côté pour le lancer quand je serai certaine de pouvoir l’animer régulièrement, ce qui n’est pas le cas pour le moment. Néanmoins cette idée me trotte dans la tête et j’ai aujourd’hui la sensation qu’Instagram ne me suffit plus, puisqu’il limite à un certain nombre de caractères mes pensées. J’aimerais pouvoir décrire plus longuement mes expériences, m’étendre sur certains sujets, en complément de mon compte Instagram à dimension plus visuelle.

Et puis dans un second temps, pourquoi pas également me lancer dans la création d’un e-shop ? C’est une idée que je garde en tête pour plus tard aussi !

La vie est un parfum

Pauline Dumail vient d’écrire un étrange livre intitulé : La vie est un parfum … Respirez-la ; un livre qu’elle m’a offert avec un petit paquet de pierres odorantes.

MarketingIsDead : Ce livre, c’est déjà l’histoire de Louise, 75 ans en 2002, grand Nez de la parfumerie …

Pauline Dumail : Oui, ce livre nous plonge dès les premières pages dans le monde des parfums et des sens, qui sont une porte, une fenêtre vers l’âme et vers soi-même : ils nous ramènent au corps et à l’instant présent. Et il nous plonge également dans la dualité qui caractérise notre monde et notre essence ; en effet la première scène, qui dévoile et délivre les essences les plus subtiles et les plus nobles que porte Louise, se passe… dans le métro parisien. A la frontière entre passé et avenir, Louise, en nous racontant sa vie, va nous plonger dans le monde des essences naturelles, des terroirs et de la biodiversité. En transmettant son savoir à la jeune Maïa, elle va permettre à l’œuvre qu’elle a initiée de continuer, une œuvre à la fois très ancrée dans la matière, mais aussi dans la spiritualité.
MarketingIsDead : Mais ce livre, c’est aussi la juxtaposition de 4 histoires qui se déroule en 2002 donc, en 2014, mais aussi en 2047 et en … 6000 : pourquoi une telle fuite temporelle ?

Pauline Dumail : Je ne vois pas cette temporalité comme une fuite, mais plutôt comme une spirale, un vortex. Et c’est pour cette raison qu’il était important pour moi de juxtaposer les histoires, afin de faire apparaître des synchronicités de lieux, de personnes, de sujets. C’est ainsi que les personnages ou leurs descendants nous emmènent faire une promenade dans le temps. 2047, c’est le futur proche, il représente la rupture, et dans cette rupture, la résilience. Quant à 6015, n’y cherchez pas de la science fiction, mais plutôt de la psycho-socio-spirito fiction. Le fait de me projeter 4000 ans plus tard m’a permis d’imaginer la société telle que j’aimerais qu’elle soit, sans avoir à me poser la question du comment. D’autre part, il y a dans ce choix un effet miroir avec le passé, et le grand mystère que représentent les grandes civilisations disparues, égyptiennes, mayas et toutes les autres, qui nous ont laissé des vestiges d’architecture dont nous n’avons pas encore percé les mystères, et nous ont démontré par ces pierres à quel point leurs connaissances en sciences et en astronomie étaient élevées.

MarketingIsDead :  « Ce roman s’enroule autour de quatre parfums […] Ces quatre parfums sont la « réification » des quatre personnages principaux du livre » : les gens sont aussi (avant tout) des parfums ?

Pauline Dumail : Oui, ce roman s’enroule autour de 4 parfums qui portent les noms des 4 principaux personnages de cette histoire ; nous les avons créés avec Valérie Autard, évaluatrice en parfumerie fine. 4 parfums, ou plutôt, 4 assemblages d’huiles essentielles, que les lecteurs pourront sentir grâce à des marque-pages parfumés qui accompagneront le livre aux pages adéquates.
Un parfum est un assemblage de molécules chimiques, mais pas que… Ces molécules ont également des propriétés physiques…

Une personne n’est pas un parfum, mais elle émet des vibrations, comme les couleurs, comme les sons, et comme… les parfums ! Le travail que nous avons accompli avec Valérie consistait à trouver la résonance juste entre les personnages, leur personnalité, leur profondeur, leurs côtés sombres et lumineux, et le parfum créé.

MarketingIsDead :  Un parfum pourrait-il participer de la signature d’une marque (pas une marque de parfum bien entendu, une marque de produit de grande consommation), tout comme un graphisme ou une musique ?

Pauline Dumail : Bien sûr ! l’olfaction, au niveau du cerveau, se trouve dans la partie primitive et limbique. Nous avons délaissé ce sens, et pourtant, il est omniprésent dans notre vie, souvent à notre insu. Un parfum connu vous replonge immédiatement dans l’état émotionnel qui lui est associé. Ainsi, en créant une signature olfactive, une marque ajoute ce supplément d’âme à ce qu’elle est, en créant une expérience client « ancrante ». A l’heure du digital et du zapping, c’est loin, très loin d’être un détail. Et ça l’est d’autant moins lorsqu’on crée un parfum avec des molécules qui proviennent du vivant, d’un terroir, d’une plante et d’un savoir-faire. Leur puissance vibratoire est bien plus importante. C’est un peu comme si vous regardiez une toile de maître, la nuit étoilée de Van Gogh par exemple, à Orsay. L’émotion ressentie face à ce tableau, à cette matière posée là, est décuplée par rapport à ce que vous ressentiriez en regardant une reproduction de ce tableau dans un livre ou sur papier.

La fin de l’assurance

La mutualisation des risques se situe à la base de toutes assurances, mutuelles ou privées, peu importe : ainsi dès 1815, les Veuves écossaises, célèbre mutuelle d’Edimbourg, avait pour vocation d’assurer solidairement la subsistance des femmes ayant perdu prématurément leur époux.

Aujourd’hui on connaît à peu près le nombre d’accidents qui surviendront en 2017 en France, donc leur coût global – pas loin de celui de 2016 ; par contre, on ne sait pas trop sur qui le risque va tomber : donc on divise le montant total des indemnisations potentielles, auquel s’ajoute une certaine marge bénéficiaire, par le nombre de conducteurs concernés, et l’on obtient la prime annuelle que devra régler chacun d’eux.

Petit coup de griffe à la mutualisation des risques, le système bonus / malus qui pénalise les uns et favorise les autres ; autres accrocs, les surprimes pour les conducteurs novices, les différences géographiques, etc.

Depuis déjà bien longtemps, les compagnies se sont plus ou moins affranchies de la mutualisation, tapant sur les uns pour mieux séduire les autres : il est tenant de faire payer moins cher ceux qui ne présentent pas de comportements dangereux, quitte à charger le bourricot pour les autres … dont personne ne veut d’ailleurs !

Même la poisse pénalise les conducteurs malchanceux : trois accidents non responsables – pas de votre faute, vous vous trouviez au mauvais endroit au mauvais moment – et hop ! On vous vire, allez voir ailleurs si c’est moins cher.

Avec les voitures connectées, les assureurs vont pouvoir affiner leurs systèmes de tarification : un gars qui prend ses virages un peu sec, on le saura tout de suite !

Dans un premier, on l’éduquera : les assureurs sont vertueux !

Mais s’il continue dans ses manières accidentogènes ? Il sera tentant de lui augmenter sa prime, ou de le virer, c’est selon.

D’ici quelques années, plus aucune voiture ne sera « non connectée » : vous aurez le choix entre accepter le flicage en temps réel, ou une surprime de suspicion – bien habillé, cela donnera un contrat de base élevé, et des réductions pour ceux qui acceptent de se laisser surveiller.

Et ensuite ?

Pour chaque conducteur, son assurance connaîtra son risque de sinistre lié à sa conduite … donc chacun d’entre nous aura droit à une assurance aux petits oignons – comprenez : calculée au centime près, selon ce qu’il peut coûter.

A la limite, les primes pourraient aisément se situer sur des échelles de 1 à 100, voire plus : et tant pis pour les mauvais conducteurs ! Nul doute que le nombre de citoyens défavorisés qui renonceront carrément à assurer leur véhicule va exploser.

L’assurance connectée, c’est la fin de la mutualisation des risques … jusqu’au jour où des conducteurs lassés, recréeront de vraies mutuelles solidaires.