YouTube Archives - Marketing is Dead
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Les influenceurs, l’Arnaque avec un « A » majuscule

Les marketers se montrent toujours très sensibles aux modes, avec une fâcheuse à confondre moyens et stratégie : bref, ils usent et abusent volontiers des services des influenceurs, sans trop se soucier de l’honnêteté de ces derniers, bien souvent domiciliés à Dubaï, voire maintenant Bali, vue la flambée des prix de l’immobilier dans l’émirat.

Oui, mais quelle puissance, direz-vous ? Ah bon ? Prenez Instagram : sans même parler de Cristiano Ronaldo et de ses 670 millions d’abonnés, il y a plein de comptes hyper pointus qui dépassent les 50 ou 100 000 followers, si on cible bien, c’est efficace.

Ah bon ? Prenons un compte comme celui d’Anna Goldman, 57,1 k followers pour être précis, à l’heure où je rédige ces lignes : pourquoi elle ?

Parce que je viens de recevoir une notification d’un groupe WhatsApp que je ne connaissais – et donc je ne connais d’ailleurs aucun membre, et surtout pas le créateur, un certain ~LarryMendoza, basé au Yemen si j’en crois l’indicatif +967.

L’animateur du groupe, une certaine ~Célia Hubert, doit résider au Bangladesh – à moins que ce ne soit un robot, vu que sa photo a juste été piquée sur la page Instagram d’une photographe nommée Yana – et que ses propos semblent bien répétitifs :

« Dans ce groupe, nous proposons de simples tâches Instagram. Ton travail consiste à suivre un compte ou aimer une publication, et tu recevras instantanément 10 € pour ta première tâche. Ensuite, tu pourras continuer avec d’autres tâches et gagner entre 100 € et 350 € par jour ».

Comment ça marche ? « Nous travaillons avec des influenceurs pour les aider à développer leurs pages Instagram. Ils nous paient, et nous partageons les revenus avec vous, c’est aussi simple que ça ».

Tout un système qui se construit entre les pays des donneurs d’ordre (= les annonceurs français, par exemple), ceux des petites mains mal payées (Bangladesh par exemple) avec désormais une bonne dose d’IA pour huiler la machine : le progrès, sans doute !

Qui finance cette superbe escroquerie ? C’est simple : les marketers qui vont ensuite payer les services bidons de ces influenceurs ! Un sacré marché qui pèse pour la France plus de 500 millions d’euros – excusez du peu !

Et contrairement à ce que dit mon illustration, il n’y a pas qu’un seul et unique escroc sur Instagram, YouTube ou TikTok : ils pullulent !

Les prophéties malheureuses des banques d’affaires

Il est toujours dramatique de relire 10 ans plus tard les prophéties des experts, et notamment les banquiers d’affaires – ceux qui doivent absolument savoir quel sera le futur des entreprises pour les conseiller habilement.

Je retrouve une coupure de presse de Novembre 2006, quelques semaines après le rachat de YouTube par Google, où la banque Close Brothers – qui s’appelle aujourd’hui DC Advisory Partners, après son propre rachat par Daiwa Capital Markets – dit tout le « bien », ou plutôt le mal de la nouvelle économie dite du Web 2.0.

« Les nouveaux sites Internet 20 ne sont pas viables à moyen terme s’ils demeurent indépendants, car ils sont du mal à « monétiser leur contenu », jugent les experts de la banque Close Brothers. Racheté par Google 1,65 milliard de dollars, soit 6,6 son chiffre d’affaires de 2006, le site de partage de vidéos n’a pas de « modèle économique », estiment-ils Selon eux, les usagers des sites 2.0 sont peu réceptifs à la publicité ».

On se demande bien pourquoi « beaucoup de grandes marques qui continuent d’investir de plus en plus de leurs budgets (publicitaires) sur YouTube », dixit fin 2016 Sundar Pichai, le patron de Google …

Le Web 2.0 s’est mué en Web social, et les petites startups sont devenu … Facebook, Airbnb, etc. Aujourd’hui, le Web 2.0 domine la planète économique, contredisant les prévisions de Close Brothers, devenu DC Advisory Partners, mais qui propose toujours du « conseil stratégique auprès d’actionnaires ou dirigeants souhaitant s’assurer que leur groupe dispose des meilleurs atouts pour prospérer » : avec une telle vision à moyen et long terme, nul doute qu’ils sont les meilleurs !

Mais il est difficile de comprendre les évolutions su monde avec des œillères : les banquiers d’affaires ont des grilles d’analyse précises, fruit d’une expérience passée ; inutile donc de leur demander de comprendre dans quelle direction le monde bouge.

Le problème, c’est qu’il bouge de plus en plus vite.