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Les 30 peut-être pas si glorieuses

On qualifie de 30 Glorieuses, les 30 années de croissance ininterrompue qu’a connue notre pays de la fin de la 2nde Guerre Mondiale aux Chocs Pétroliers des années 70 : tout paraissait si simple alors, il suffisait de chercher un job pour en trouver un … sans même à devoir traverser la rue pour faire la plonge !

Même si les Baby-boomers qui jettent aujourd’hui un œil nostalgique sur la période oublient qu’ils ont violemment rejeté cette même société en Mai 68 …

Pourtant ces 30 « pas tout à fait » Glorieuses ont instillé le gravissime axiome comme quoi sans croissance – et surtout une croissance forte – pas de salut !

Les séquelles s’en font hélas ressentir aujourd’hui !

Avec le mythe d’une croissance forte, inéluctable et surtout absolument nécessaire s’est instaurée une culture du productivisme … et l’industrialisation accrue de notre agriculture et de nos élevages. Résultat : des sols gorgés de pesticides et une planète que l’on détruit à marche forcée.

Les désastres écologiques d’aujourd’hui trouvent leurs origines dans les 30 Glorieuses : pas seulement en raison des masses d’engrais inutilement répandues mais aussi philosophiquement : vive le progrès … et tant pis si ce progrès détruit la nature !

Autre idée reçue de ces années paradisiaques : plutôt que de partager, créons plus de richesse pour donner aux pauvres la part qui leur est due.

Sauf que cette théorie – donnons de la brioche aux riches pour que les pauvres mangent quelques miettes – ne fonctionne guère qu’en période de croissance absolue … quand cette croissance est possible.

Mais aujourd’hui que celle-ci ralentit … fini le ruissellement : et comme on ne partage pas – comme les économistes ne nous apprennent pas à partager – les pauvres demeurent pauvres, et les inégalités se creusent.

Car s’il est cependant un mérite que l’on peut attribuer aux 30 Glorieuses, c’est bien celui d’avoir su réduire la fracture sociale – une fracture qui ne fait que s’amplifier depuis le début des années 80.

Enfin on oublie un peu trop vite que la richesse des 30 Glorieuses ne doit rien aux prestigieux économistes ou chefs d’entreprise de l’époque mais à … l’immense catastrophe précédente : la 2nde Guerre Mondiale, qui a détruit l’Europe – une Europe qu’il fallut bien reconstruire.

Bref, si les 50 dernières années n’ont pas été fastueuses, les 30 précédentes ont façonné les préjugés dont nous payons aujourd’hui les dividendes.

Massive Attack au Zénith

Superbe concert de Massive Attack hier soir au Zénith pour les ans de Mezzanine, certainement de loin leur meilleur opus ; deux regrets cependant : d’une part la systématisation des jeux de lumières aveuglants … et un concert réglé pour durer 1 heure 30 à la seconde près … et qui n’a pas duré une seconde de plus : à 22 heures 30, les musiciens disparaissent, la salle se rallume … pas de rappel !

Un concert d’une surprenante actualité dans lequel les GAFA en prennent plein la gueule : pour ceux qui ne parlent pas vraiment anglais, des surimpressions insistent : les data sont partout et « ils » nous profilent pour mieux nous refiler leur camelote en nous laissant croire que c’est bien ce qu’on aime.

Mezzanine a 20 ans … et pas une ride : révoltons-nous, ou plutôt, inventons un futur nettement plus beau que celui que les multinationales et l’intelligence artificielle nous façonnent.

L’actualité, c’est aussi ce nom : Massive Attack, bien trompeur, qui sonne trop heavy metal … pour un groupe naviguant entre Trip hop et rock expérimental ! en fait, un nom qui fait référence à un graff de Brim Fuentes sur un mur de Bristol, en réaction contre une intervention policière un peu trop violente au cours d’une rave.

Dictature de la data et de l’intelligence artificielle d’un côté, répression policière de l’autre : Mezzanine nous plonge étrangement dans l’actualité ; la violence, physique ou dématérialisée nous encercle de toutes parts.

Reste que j’aurais aussi pu parler des voix planantes de Liz Fraser (sur la photo) & Horace Andy, des reprises du Velvet Underground, et bien sûr de ces morceaux envoutants, à commencer par le magnifique Angel, et des vidéos d’Adam Curtis : mais ça, je le garde au fond de mes souvenirs.