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Rencontre avec le fondateur du Compte Nickel

Pierre de Perthuis présentait récemment le Compte Nickel lors de l’Adetem Marketing Factory ; rencontre avec la vainqueur des Prix de l’Excellence Marketing.

MarketingIsDead : Pierre, tu as gagné le Prix de l’Excellence Marketing de l’Adetem en Juillet dernier avec la lancement du Compte Nickel : en deux mots, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, c’est quoi le Compte Nickel ?

Pierre de Perthuis : Compte-Nickel c’est un compte tout simple juste pour payer et être payé; concrètement c’est : 

  • un RIB pour effectuer tous les prélèvements (EDF, assurance, Impôts…) tous les virements (salaires, pensions, allocations…),
  • une carte MasterCard internationale pour payer dans les magasins ou sur Internet et retirer du cash, en France et à l’étranger,
  • un suivi complet home et mobile banking plus une plate forme clients.

Bref, l’essentiel de ce dont nous avons besoin pour gérer notre  argent au jour le jour. Un produit basique, frugale et juste.

C’est par rapport aux banques ordinaires une quadruple rupture : 

  1. C’est la première fois qu’un compte est ouvert à tous. Aucune condition de revenu ou de patrimoine, aucun scoring il faut juste posséder des papiers d’identités.
  2. C’est le premier compte qui s’ouvre en dehors d’un réseau bancaire, pas de questions intrusives, pas de ventes croisées, l’argent de nos clients et à nos clients, on ne vous juge pas.
  3. C’est la première fois qu’un compte s’ouvre en 5 minutes. RIB et carte sont disponibles immédiatement chez le buraliste et le code PIN de la carte arrive par SMS.
  4. C’est le seul qui fonctionne en temps réel, sans date de valeur, une expérience utilisateur unique.

Le tout fonctionne évidement dans un univers sécurisé et audité par les autorités de régulation

Compte-Nickel existe depuis février 2012, il a rapidement trouvé son marché avec plus de 200 000 clients et  plusieurs dizaines de milliers chaque mois. C’est un véritable phénomène de société.

MarketingIsDead : Une sacré innovation donc, dans un monde bancaire qui ne brille pas par son originalité : comment fait-on pour imaginer un tel concept ?

Pierre de Perthuis : La recette est de bon sens : on repart du client, ses besoins, ses attentes et l’analyse des (nombreux) points d’insatisfaction des banques ordinaires. 

On y ajoute un grosse louche de technologie, un réseau de distribution proche et référent et un bonne dose d’énergie entrepreneuriale. 

Une pincée de marketing et le tour est joué.

MarketingIsDead : Le Compte Nickel ne s’adresse pas qu’aux laissés pour compte de la société de consommation, mais quand même : il y a un petit côté militant chez Pierre de Perthuis ?

Pierre de Perthuis : Compte-Nickel est utile, simple, transparent et universel. Il ne s’adresse effectivement à tous. La structure de la clientèle l’atteste.

Pierre de Perthuis 2.jpg

C’est un projet de rupture qui remet en cause des systèmes établis, de quoi donner un sens à une aventure d’entrepreneurs. Pas vraiment militant mais sûrement révolutionnaire, c’est beaucoup plus amusant.

Ne faisons pas bégayer l’histoire

dachau01.jpgJe suis d’une génération qui a découvert l’horreur nazie dans des expositions itinérantes où nous emmenaient nos parents : les murs étaient couverts de photos en noir et blanc prises à la libération des camps d’extermination et passait en boucle des chansons comme Nuit et Brouillard de Jean Ferrat. Nous avions du mal à réaliser que des hommes aient pu commettre de tels actes de barbarie contre d’autres hommes, juste parce qu’ils n’étaient pas comme eux, ne pensaient pas comme eux : ils étaient juifs, tziganes, homosexuels, communistes … Une cousine de ma mère est morte en déportation, des années après, je lisais toujours la même tristesse, la même incompréhension dans le regard de ses sœurs.

Puis l’Europe s’est construite et depuis aucun pays de l’Union européenne n’a connu de guerres sur son territoire national ; je sais, nous sommes en guerre contre le terrorisme, contre la finance, nous nous battons – et avec raison – contre toutes sortes d’oppression : mais malgré tout, malgré le traumatisme des tueries contre Charlie Hebdo et du Bataclan, rien n’est comparable aux charniers des deux Guerres Mondiales … sinon sans doute ceux de Srebrenica, à nos portes.

Certes, l’Europe commerçante d’aujourd’hui est consternante en regard des espoirs qu’avaient pu y placer ses fondateurs, et la gestion de ses multiples crises financières ne peut que souligner l’incapacité de ses dirigeants à la gouverner, et surtout, lui donner un avenir ; bien des progrès restent à faire, et bien des erreurs devront un jour être réparées : qui saura recréer la dynamique nécessaire ?

Certes, mais vouloir comme le souhaitent certains hommes et certaines femmes politiques, la faire exploser, constituerait le premier en direction de l’innommable : car ce que propose le Front National – entre autres – c’est à la fois faire de la France un pays refermé dans ses frontière, mais aussi un pays où seront livrés à la vindicte publique tous ceux qui ne sont pas tout à fait comme nous.

Comme l’étaient les juifs, les tziganes, les homosexuels, les communistes … Rajoutez … tous les autres, la liste de ceux que ses leaders n’aiment pas est longue. Sans compter que l’on pourra non seulement reconduire à la frontière tous ces parias, mais viendra également le jour où on passera les frontières … pour se battre contre tous ceux qui ne nous ressemblent pas vraiment.

Pendant les années noires de la seconde Guerre Mondiale, tous les Français n’étaient pas résistants, peu s’en faut ; quand je lis qu’aujourd’hui un Français sur deux ne voit aucun problème à ce que le Front National gagne les élections, je me dis que finalement l’histoire bégaie vraiment trop !

Si l’on ne s’en méfie pas, l’irréparable est en marche : je ne voudrais vraiment que mon fils emmène dans quelques années ses enfants visiter les mêmes expositions de l’horreur que celles auxquelles mes parents m’ont conduit.

Certains diront que l’extrême droite a changé, que ses dirigeants sont « présentables » : mais Hitler l’était suffisamment aussi pour que le peuple allemand le conduise à la Chancellerie en 1933.

Faisons en sorte que l’histoire ne se répète pas et que la barbarie ne frappe pas à nouveau comme il y a un peu plus de 70 ans.