FLaurent, Auteur à Marketing is Dead
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Author:FLaurent

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L’IA ne résout pas automatiquement le problème du passage à l’action

Suite et fin de l’interview de Frédéric Canevet, coauteur de Business Express.

Question : Question piège ultime : avec l’arrivée de l’IA, on a encore besoin de s’embêter de tout cela ?

Frédéric Canevet : C’est une très bonne question, et c’est une question que nous nous sommes nous-mêmes posée lorsque nous avons commencé à écrire ce livre avec Jean-Paul.

Nous nous sommes dit : finalement, avec l’intelligence artificielle, tout existe déjà. Il suffit de poser une question à ChatGPT ou à une autre IA pour obtenir une explication, une méthode ou un plan d’action.

Et, d’une certaine manière, c’est vrai.

L’intelligence artificielle donne aujourd’hui accès à une quantité considérable de connaissances. Si l’on veut comprendre un sujet, découvrir une méthode ou obtenir des conseils, il n’est plus nécessaire d’acheter un livre encyclopédique de 400 pages.

La connaissance est devenue accessible partout et immédiatement.

Mais c’est justement là que se situe le problème.

Avoir accès à la connaissance ne signifie pas forcément savoir quoi en faire.

L’IA peut proposer des dizaines de plans d’action, de conseils ou d’idées. Mais ces réponses restent parfois génériques. Elles peuvent aussi être trop complexes, trop ambitieuses ou insuffisamment adaptées à la situation réelle de la personne qui pose la question.

Surtout, l’IA ne résout pas automatiquement le problème du passage à l’action.

Et c’est précisément là que notre livre trouve son intérêt.

Aujourd’hui, le problème n’est plus forcément de trouver de l’information. Le problème, c’est de choisir parmi toutes les possibilités.

Il y a trop de méthodes.

Trop de conseils.

Trop d’opportunités.

Et, paradoxalement, avoir trop de possibilités peut conduire à ne rien faire.

On peut passer des heures à demander à une IA quelle stratégie utiliser, quelle action lancer ou quel outil choisir, et se retrouver à la fin avec encore plus de choses à faire qu’au départ.

C’est une forme de paralysie par l’abondance.

Notre objectif n’est donc pas de proposer un livre encyclopédique qui expliquerait tout sur tous les sujets.

Notre objectif est beaucoup plus simple : aider les lecteurs à savoir quoi faire, dans quel ordre et à quel moment, puis les accompagner pour qu’ils passent réellement à l’action.

C’est tout le principe de la méthode 90-30.

Pendant 90 jours, le lecteur avance progressivement, avec une action concrète à réaliser chaque jour.

Il ne se retrouve pas face à une liste interminable de possibilités.

Il est guidé pas à pas.

Pour chaque action, il dispose d’une méthode, d’explications, d’exemples, d’erreurs à éviter et d’un plan d’action concret.

Nous avons également ajouté des histoires et des exemples inspirants.

Car la motivation ne vient pas uniquement d’une liste de bonnes pratiques. Il est souvent beaucoup plus facile de passer à l’action lorsqu’on voit comment d’autres personnes ou entreprises ont appliqué une idée et obtenu des résultats.

C’est aussi pour cela que nous avons prévu des podcasts et des ressources complémentaires dans l’espace lecteur.

L’objectif est d’aider le lecteur à maintenir sa motivation pendant toute la durée du programme.

Mais cela ne signifie absolument pas que nous opposons le livre et l’intelligence artificielle.

Au contraire.

Pour nous, les deux sont complémentaires.

Le livre donne la méthode, la logique et le chemin à suivre.

L’intelligence artificielle permet ensuite d’accélérer et de personnaliser la mise en œuvre.

Par exemple, il y a encore quelques années, pour apprendre le copywriting, comprendre certains mécanismes des neurosciences ou analyser une landing page, il aurait fallu lire un livre complet ou faire appel à un expert.

Aujourd’hui, l’IA permet d’aller beaucoup plus vite.

Grâce aux prompts que nous proposons, le lecteur peut utiliser l’intelligence artificielle pour adapter une méthode de copywriting à ses produits, améliorer une landing page ou approfondir un sujet…

Mais les prompts ne suffisent pas à eux seuls.

C’est un point important.

Un prompt peut donner une réponse. Il ne vous indique pas forcément si c’est la bonne priorité, si c’est le bon moment pour appliquer cette méthode ou si cette action est réellement pertinente dans votre situation.

C’est pour cela que nous avons conçu le livre comme un “coaching” de 90 jours.

Au départ, nous avons d’ailleurs eu un moment de doute avec Jean-Paul.

Nous nous demandions : « Est-ce que cela a encore du sens d’écrire un livre alors que l’IA peut déjà répondre à presque toutes les questions ? »

Et puis nous avons réalisé que l’accès à la connaissance n’était pas le véritable problème.

Le problème est de savoir ce qu’il faut appliquer.

Quand il faut l’appliquer.

Dans quel ordre.

Et, surtout, de réussir à continuer suffisamment longtemps pour obtenir des résultats.

C’est là que la motivation et l’accompagnement deviennent essentiels.

À mon avis, les livres doivent donc évoluer.

Nous avons probablement moins besoin de livres encyclopédiques qui accumulent les connaissances, parce qu’une grande partie de ces connaissances est désormais accessible instantanément.

En revanche, nous avons besoin de livres qui donnent une direction, simplifient les choix, proposent un chemin concret et aident réellement les lecteurs à obtenir des résultats.

C’est exactement ce que nous avons voulu faire avec ce livre.

L’intelligence artificielle apporte la puissance et l’accès à la connaissance.

Le livre apporte le cadre, la méthode, les priorités, les exemples et la motivation.

Et c’est finalement cette complémentarité qui permet le plus facilement de passer de la connaissance à l’action, puis de l’action aux résultats.

Vous reprendrez bien une petite tranche de chaos ?

L’époque s’y prête, politiquement, socialement, économiquement : à l’heure où j’écris ces lignes, le chaos s’installe dans les lycées. A cela, ajouter une (très) forte dose d’IA, et vous verrez comme ça tangue !

Après la mémoire, le chaos : tel est de dernier sujet de réflexion qui nous anime aujourd’hui, moi et mes copains des Mardis du Luxembourg.

Les mardis du Luxembourg ?

Même Gemini nous connaît : « Les Mardis du Luxembourg est un cercle d’échanges et de controverses initié à la fin des années 1990 par François Laurent. Ce groupe réunit divers experts indépendants, prospectivistes et auteurs pour débattre de sujets de société, d’avenir, de rationalité scientifique et de prospective politique ».

Pour faire bref, un groupe de copains qui se réunit environ une fois par mois pour refaire le monde et publier quelques bouquins ; le dernier, c’est Quand j’avais 20 ans en 2050. Les auteurs : Frédéric Canevet, Christian Gatard, Hyung-Rae Kim, Yves Krief, François Laurent, Marc Michiels, Alexandre Rispal, Jean-Jacques Vincensini.

Pour le chaos, d’autres nous ont rejoint Dominique Marest, Chloé Lussange, Nuray Alagoz, Thierry Semblat … et si l’exercice vous tente, venez participer à la palabre – envoyez-moi un message !

Comme son nom l’indique, les Mardis du Luxembourg ne se réunissent jamais au Luxembourg (ils laissent ça aux sénateurs) et pas toujours le mardi (ils laissent ça aux pugnaces admirateurs de Mars) … même si par le passé, des choses ont pu se passer Rive Gauche.

Les Mardis du Luxembourg constituant eux aussi un système chaotique, tous mes copains ne partagent évidemment pas ma vision du chaos : il y a les matheux, qui ne jurent que par Poincaré, les mytheux, qui y voient une sorte d’état primordial de vide et de béance originelle.
Et puis, tous les autres… en fait, chacun y va de sa petite définition.

Alors pendant que mes complices cogitent, je vais demander à d’autres amis non mardisiens quelle est leur définition du chaos, en deux ou trois paragraphes maxi, et je publierai les papiers ici.

Si l’exercice vous tente… à vos plumes.

Un artisanat ULTRA indigeste… pour ne pas dire mortel !

E 300, E 301, E 262, E 120, plus une bonne poignée de dextrose, saccharose et autre sirop de glucose : quel cocktail peu sympathique ! Pour dire bref, un aliment ultra-transformé à éviter

« Dextrose et sirop de glucose pénètrent presque instantanément dans le sang, provoquant un pic d’insuline brutal, suivi d’une hypoglycémie réactionnelle qui stimule à nouveau la faim. En consommant ce type de produit salé, on absorbe une quantité non négligeable de sucres rapides sans en avoir conscience, ce qui complique la régulation des apports journaliers (notamment pour les personnes diabétiques ou attentives à leur poids) » – merci Gemini, tout cela n’est pas rassurant !

Soucieux d’éviter les produits ultra transformés particulièrement nuisibles à la santé, vous n’achetez vos viennoiseries et votre charcuterie que chez des artisans de votre quartier ? Fatale erreur !

Car cette étiquette, je l’ai photographiée sur un seau de la marque « Les Produits Français » qui, comme le nom le souligne bien, appartient au groupe allemand Van Hees, spécialisé dans les… phosphates alimentaires – seau qui attendait avec ses semblables la collecte des ordures devant une des plus « traditionnelle » charcuterie ARTISANALE Vincennoise.

Quand vous achetez votre charcuterie sous vide en supermarché, vous pouvez contrôler la composition et éviter bien des ingrédients nuisibles.

Quand vous l’achetez chez l’artisan à la vitrine pleine de macarons collés vantant les mérites de son savoir-faire traditionnel, vous ne vous attendez pas à acheter de l’ultra-transformé.

Or comme le rappelle 60 millions de consommateurs, un produit qui « affiche une longue liste d’ingrédients : plus de 5 ? Il a 75 % de chances d’être ultra transformé. Son nombre d’additifs doit aussi vous mettre la puce à l’oreille ».

Le problème, c’est que les artisans charcutiers n’affichent pas la composition des produits qu’ils vendent : sinon, bien des clients fuiraient, effarés !

On pourrait tout autant se méfier des terrines artisanales des restaurateurs, qui bénéficient des mêmes fournisseurs phosphatés !

Et peut-être serait-il temps d’obliger les artisans à afficher clairement la composition des produits qu’ils vendent, pour le plus grand bien de leurs clients.

Interview de Frédéric Canevet, coauteur de Business Express (suite)

Question : Donc, pour réussir, il faut appliquer « la méthode 90/30 : une action concrète à mettre en place en 30 minutes pendant 90 jours » : tu peux nous en dire un peu plus ?

Frédéric Canevet : La méthode 90-30 part d’un constat très simple : aujourd’hui, tout le monde veut des résultats rapidement. Nous sommes dans une véritable course à l’attention, mais aussi dans une course aux résultats.

Le problème, c’est qu’on cherche souvent des transformations immédiates.

On se donne un objectif pendant quelques jours ou quelques semaines, puis, si les résultats ne sont pas immédiatement visibles, on passe à autre chose.

Nous avons donc imaginé la méthode 90-30 autour d’un principe très simple : agir chaque jour pendant environ 30 minutes, pendant 90 jours.

Pourquoi 90 jours ?

Parce qu’un mois est souvent trop court pour observer un véritable impact. On peut commencer à lancer des actions, à tester des choses et à mettre en place de nouvelles habitudes, mais il est difficile d’en mesurer réellement les effets.

En revanche, au bout d’un trimestre, on commence à avoir suffisamment de recul.

On a eu le temps d’expérimenter, de corriger ce qui ne fonctionne pas et de constater les premiers résultats.

Concrètement, le livre propose donc une action par jour.

Chaque action est conçue pour être réalisée en environ trente minutes. Évidemment, certaines prendront parfois un peu moins de temps et d’autres un peu plus. L’objectif n’est pas de transformer cela en contrainte chronophage.

L’objectif, c’est de faire avancer les choses chaque jour.

Pour chaque action, nous expliquons d’abord pourquoi elle est intéressante et quel est son objectif. Puis nous donnons une méthode concrète pour passer à l’action.

Nous avons également ajouté une histoire inspirante ou une anecdote.

Elle peut venir de notre propre expérience ou s’appuyer sur des cas connus. L’idée est de montrer que ces principes ne sont pas uniquement théoriques et, surtout, de permettre au lecteur de se dire : « Moi aussi, je peux le faire. »

Nous présentons également les principales erreurs à éviter et des pistes pour aller plus loin.

Mais nous voulions aller au-delà du livre traditionnel.

C’est pour cela que nous avons intégré des prompts que le lecteur peut copier-coller dans son intelligence artificielle préférée.

Pour moi, c’est devenu essentiel.

Un livre peut donner une méthode générale, mais l’intelligence artificielle permet ensuite de l’adapter à sa propre situation. Le lecteur peut donner davantage d’informations sur son activité, son entreprise, ses contraintes ou ses objectifs et obtenir une version beaucoup plus personnalisée de l’exercice.

Le livre devient donc un point de départ, et l’IA permet d’accélérer le passage à l’action.

Nous avons également créé un espace lecteur avec plusieurs ressources complémentaires.

On y retrouve notamment des infographies qui permettent de visualiser rapidement les principaux concepts et de retenir l’essentiel.

Nous avons aussi prévu un court podcast chaque semaine.

L’objectif est simple : aider le lecteur à garder sa motivation tout au long des 90 jours.

Parce que, finalement, la principale difficulté n’est pas toujours de savoir quoi faire.

Aujourd’hui, nous avons accès à une quantité considérable d’informations, de méthodes et de conseils.

Le véritable défi, c’est de continuer à agir suffisamment longtemps pour obtenir des résultats.

C’est aussi pour cela que nous avons ajouté des fiches d’action.

À la fin de la journée, le lecteur est invité à prendre quelques minutes pour faire le point sur ce qu’il a réalisé, ce qu’il a appris et ce qu’il va faire le lendemain.

C’est un peu la même logique qu’un journal de gratitude, mais appliquée à l’action.

L’idée est de prendre conscience des progrès réalisés, même lorsqu’ils semblent modestes.

Parce qu’au bout de 90 jours, ce ne sont pas forcément les grandes décisions qui font la différence.

Ce sont souvent les petites actions répétées, les tests, les corrections et la régularité.

En résumé, la méthode 90-30, c’est donc : 30 minutes d’action par jour, pendant 90 jours, avec une méthode, des exemples inspirants, des outils concrets et des ressources pour rester motivé jusqu’au bout.

Quand Google Gemini déconseille… Google Maps !

Hier, je voulais vérifier le temps d’un trajet RER A Nation-Saint-Germain-en-Laye : 1 heure 14 pour Google Maps qui me fait passer par Poissy pour y prendre le bus ! Sur le coup, je pense à un problème sur la branche La Défense-Saint-Germain… mais non, la RATP indique un trafic normal.

« ¿Qué pasa ? ».

Je pose donc la question à Google et Gemini me répond que « le fait que Google Maps vous fasse passer par Poissy s’explique par un bug fréquent d’intégration des données SNCF/RATP ».

Mais encore : « Ce qu’il faut faire : Fiez-vous aux informations officielles de la RATP ». Et surtout : « Pour vos trajets en Île-de-France, l’application officielle Bonjour RATP ou Île-de-France Mobilités est souvent plus précise en temps réel ».

Et voilà pourquoi Google Gemini déconseille Google Maps : au moins, une IA qui a l’honnêteté des bons choix !

Interview de Frédéric Canevet, coauteur de Business Express (suite)

Question : Le leitmotiv désormais, c’est « Priorité à l’action [avec] la méthode 90/30 » : ce n’est pas un peu le mal de notre époque, on agit vite, très vite… mais on oublie un peu de réfléchir ?

Frédéric Canevet : C’est justement l’un des principes fondamentaux du livre : dans un monde imprévisible, il faut remettre l’action au centre.

C’est évidemment lié à ce que nous disions précédemment sur le monde BANI. Quand l’environnement peut changer rapidement, il devient beaucoup plus difficile de construire des plans extrêmement détaillés à deux ou trois ans et de penser qu’ils vont se dérouler exactement comme prévu.

Avant de vouloir prédire précisément ce qui va se passer dans trois ans, essayons déjà d’atteindre nos objectifs du mois, puis du trimestre, et construisons l’avenir à 1, 2, 3 ans progressivement.

L’idée n’est pas de trouver une recette miracle. Dans l’environnement actuel, elle n’existe probablement plus.

L’enjeu est plutôt de tester, d’agir, d’observer les résultats et d’apprendre.

Dans le livre, nous défendons cette idée que l’action crée le mouvement. On expérimente, on obtient des succès, parfois des échecs, et surtout on apprend ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. On accélère sur ce qui produit des résultats et on abandonne ce qui n’en produit pas.

Mais attention : cela ne signifie pas qu’il faut partir dans tous les sens, sans plan ni stratégie.

C’est justement une confusion que l’on fait souvent avec le growth hacking ou avec les fameux « hacks ». Faire des tests en permanence sans savoir où l’on veut aller peut rapidement devenir de la gesticulation.

Il faut donc trouver un équilibre.

D’un côté, il faut privilégier l’action, les expérimentations et les résultats rapides.

De l’autre, il faut avoir une vision et une stratégie de long terme qui donnent une direction à ces actions.

C’est d’ailleurs un point que j’avais déjà développé dans mon précédent livre consacré au growth hacking. Le growth hacking n’est pas une stratégie en soi. Les hacks ne servent à rien s’ils ne s’inscrivent pas dans une vision globale.

Sinon, on répond simplement aux urgences du court terme sans construire quoi que ce soit de durable ou différenciant.

Je le vois très concrètement dans mon travail chez Eloquant.

Nous sommes éditeurs de logiciels pour les centres de contact. Nous pouvons évidemment communiquer sur l’intelligence artificielle, développer de nouvelles fonctionnalités et utiliser les mêmes canaux marketing que nos concurrents.

Mais si nous nous contentions de multiplier les hacks marketing, nous pourrions peut-être obtenir ponctuellement davantage de visibilité ou de leads.

En revanche, cela ne répondrait pas à une question fondamentale : pourquoi un client devrait-il nous choisir plutôt qu’un concurrent ?

La stratégie est indispensable pour répondre à cette question.

Elle permet de créer une différenciation.

Par exemple, nous observons aujourd’hui un intérêt croissant pour les neurosciences et pour la dimension humaine de la relation client.

Et cela n’est pas contradictoire avec l’arrivée massive de l’intelligence artificielle. Au contraire.

Plus les entreprises automatisent les interactions simples, plus les interactions humaines restantes deviennent importantes. Elles seront peut-être moins nombreuses, mais elles deviendront des moments de vérité.

À ce moment-là, il ne suffira plus simplement de répondre à la demande du client.

Il faudra être capable d’aller au-delà : être proactif, assurer un suivi, comprendre le contexte, créer une attention particulière et, idéalement, générer ce que j’appelle un « effet Wow » dans le parcours client.

Voilà pourquoi je pense qu’il faut distinguer deux niveaux.

Le premier est opérationnel : agir, tester, apprendre et rechercher rapidement de l’efficacité.

Le second est stratégique : prendre de la hauteur, comprendre où l’on veut aller et construire une véritable différenciation.

Dans notre livre, l’action reste volontairement sur l’action. Nous voulons d’abord aider les lecteurs à obtenir leurs premiers résultats.

C’est important, car les premiers succès créent une dynamique positive. Ils donnent envie de continuer, permettent d’apprendre et entraînent progressivement le changement.

Mais, vers la fin du livre, nous prenons davantage de hauteur.

Nous travaillons notamment sur la vision, la mission, les personas et la stratégie. Nous abordons également la manière d’éviter de se faire « Kodakiser », d’anticiper les évolutions de son marché et d’optimiser ses processus.

En réalité, notre conviction est assez simple : il ne faut pas opposer l’action et la stratégie.

L’action sans stratégie finit par tourner dans tous les sens.

La stratégie sans action reste un joli PowerPoint.

Notre approche consiste donc à commencer par agir, obtenir des premiers résultats, apprendre du terrain, puis progressivement prendre de la hauteur pour construire une trajectoire plus solide sur le long terme.

Interview de Frédéric Canevet, coauteur de Business Express

Frédéric Canevet est l’exemple même du serial writer ; dernier opus en date : Business Express, la méthode pour vendre plus et mieux, qu’il cosigne avec Jean Paul Crenn. Questions à auteur particulièrement prolixe !

Question : Ça commence bien : d’entrée on a droit à un nouvel acronyme, puisque vous déclarez que nous vivons désormais dans une « ère BANI (Brittle, Anxious, Non-linear, Incomprehensible) » : kézako ?

Frédéric Canevet : Si nous commençons le livre en parlant d’un monde BANI, c’est parce que nous pensons que le modèle VUCA ne suffit plus à décrire la réalité actuelle.

Pendant longtemps, on a parlé d’un monde VUCA : volatile, incertain, complexe et ambigu. Mais, malgré cette volatilité, nous étions encore capables de faire des projections relativement fiables.

On raisonnait avec des moyennes.

Une croissance moyenne. Une inflation moyenne. Un climat relativement prévisible. Des budgets qui augmentaient de quelques pourcents chaque année, le fameux budget de l’année passée + 5%. Et, dans certains secteurs comme le logiciel, on pouvait même prévoir une croissance à deux chiffres et continuer sur une trajectoire relativement linéaire.

Aujourd’hui, cette logique fonctionne beaucoup moins bien.

Nous sommes entrés dans un monde que l’on peut qualifier de BANI : fragile, anxiogène, non linéaire et incompréhensible.

Le problème, ce n’est plus simplement que les choses changent rapidement. C’est qu’elles peuvent basculer brutalement.

Une crise sanitaire comme le Covid peut arrêter une économie mondiale. Une guerre comme celle en Ukraine peut bouleverser les marchés de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement. Une décision politique, par exemple une augmentation brutale des droits de douane, peut remettre en cause en quelques mois la stratégie d’un secteur entier.

On ne peut donc plus simplement prolonger les tendances du passé pour prévoir l’avenir.

Et cela change profondément la manière de faire du marketing et du business (c’était justement le thème de mon dernier livre : Adapter son business dans un monde en déconsommation).

Pendant longtemps, le marketing fonctionnait beaucoup sur la prévision : analyser les données des années précédentes, construire un budget, définir un plan annuel et essayer de l’exécuter.

Dans un monde BANI, cette approche devient beaucoup plus fragile.

Il faut être capable de tester rapidement, d’apprendre, de corriger sa trajectoire et parfois de remettre en cause des certitudes qui semblaient pourtant évidentes quelques mois auparavant.

On retrouve d’ailleurs cette logique dans le climat. Pendant longtemps, nous raisonnions en températures moyennes. Aujourd’hui, ce sont de plus en plus les écarts et les phénomènes extrêmes qui deviennent déterminants : canicules, pluies intenses, sécheresses ou épisodes de froid.

Et cette logique des extrêmes s’applique également à l’économie.

Nous sommes dans un monde où les écarts peuvent devenir beaucoup plus importants, positivement comme négativement.

C’est pour cela que nous avons choisi de parler de BANI.

Parce que le véritable enjeu aujourd’hui n’est plus simplement de gérer le changement.

C’est d’apprendre à fonctionner dans un environnement où certaines règles peuvent changer brutalement, où les prévisions ont une durée de vie limitée et où la capacité d’adaptation devient parfois plus importante que la qualité du plan initial.

L’art de faire mentir les chiffres

« Cet été, dès le mois de juin, face aux températures élevées, les terrasses se sont vidées partout en France, dans un milieu déjà en forte difficulté. Entre 20 et 25 restaurants mettent la clé sous la porte chaque jour » : France Info reprend un des sujets du JT de France 2.

L’heure est grave : la canicule accélère les disparitions de restaurants et les chiffres sont éloquents… sinon impressionnants : 25 restaurants qui ferment chaque jour, ça fait 9125 par an !

Soit peu ou prou, selon les données de l’UMIH, le nombre de restaurants qui ouvrent chaque jour en France !

En d’autres termes, circulez, il n’y a rien à voir.

Certes, la  restauration a indéniablement souffert de la canicule, comme beaucoup d’autres professions : personne n’avait envie de déjeuner sur une terrasse étouffante en plein soleil.

Mais pourquoi aguicher le lecteur avec des chiffres qui ne signifient strictement rien ?  

Stihl, un développement pas vraiment durable.

A parcourir de nombreux sites de marques, réchauffement climatique et autres tracasseries écologiques devraient rapidement appartenir au passé, tant elles multiplient les efforts pour sauver la planète.

Un petit tour sur le site de Stihl, corporate.stihl.fr : « Nous restons fidèles à nos racines et nous consacrons à la protection des écosystèmes ». Que c’est beau !

La preuve : « Les produits STIHL se caractérisent depuis toujours par une durée de vie particulièrement longue, un niveau de réparabilité et une qualité élevés, et contribuent ainsi à la préservation des ressources et à la réduction des déchets ».

Et dans la réalité ? Là, c’est différent. Certes, la « qualité élevée » se ressent dès l’achat au niveau du portefeuille, les produits Stihl étant les plus chers du marché. Mais après ?

Déjà, question « réparabilité », j’ai eu l’occasion d’en parler ici-même : Lidl 1 – Stihl 0 ; mais j’ai découvert un petit côté arnaque dans une autre expérience.

Je possède une tondeuse à gazon thermique RM 650 V – 1129 €, ce n’est pas un premier prix ! Le guidon tient en position verticale grâce à une petite pièce en plastique plutôt fragile, comme le montre la photo.

Je demande donc au revendeur une pièce de rechange, qu’il ne réussit pas à commander. Commence alors de longs échanges de mails avec le SAV de la marque – d’une efficacité douteuse, ce SAV, soit dit par ailleurs !

Pour en arriver à la conclusion : « Cette pièce n’est malheureusement pas commercialisée séparément. Comme votre revendeur vous l’a indiqué, la solution proposée consiste à remplacer la manche partie inférieure du guidon ».

Soit une double arnaque : écologique tout d’abord, puisqu’il faut remplacer toute la partie inférieure du guidon, pour une petite pièce en plastique cassée ; et financière, puisque ladite pièce coute 78 €.

Ça doit être ça, la « rigueur dans le cadre de la gestion environnementale » vantée par la Vice-présidente du Comité consultatif de la marque, bien mise en exergue sur le site !

LIDL 1 – STIHL 0

Mon vieux broyeur à végétaux étant tombé en panne il y a 3 ans, après 10 ans de bons et loyaux services, ce qui est bien pour de l’entrée de gamme, je me décide pour le haut de gamme et débourse 425 € pour un Stihl… qui tombe en panne au bout de 3 ans : irréparable, moteur HS ! Du censé « haut de gamme » aussi nul, c’est très décevant.

J’hésite et finalement m’oriente vers un produit Parkside, une marque de Lidl où j’achète un broyeur bon marché à 128 €, garanti 3 ANS : un produit trois fois moins cher pour au pire, une durée de vie identique.

A l’usage, le broyeur Parkside se révèle bien supérieur à mon tout premier mais surtout de qualité identique au Stihl ; je dirais même qu’il se bloque moins et se débloque plus facilement que le Stihl quand on passe une grosse branche, le verrouillage du bac est moins fragile, bref un produit simple qui fait le job.

Moralité : Stihl, c’est juste… 3 FOIS TROP CHER. Payer la marque, quand c’est du haut de gamme, c’est assez logique, mais à ce prix-là pour cette qualité là, c’est juste un non-sens !

PS : en photo, le broyeur de retour du spécialiste Stihl, non réparé… et non refermé.