Les Naufragés du Fol Espoir - Consumer Insight
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Les Naufragés du Fol Espoir

Les Naufragés du Fol Espoir

Samedi 6 novembre au soir, la troupe du Théâtre du Soleil s’active dès 18 heures 45 … pour servir à dîner aux spectateurs devant qui ils joueront, 3 heures 45 durant, Les Naufragés du Fol Espoir : ils sont tous là, en costumes, souriant, à proposer plats du jour et salades !

A 20 heures, direction la grande salle, et Ariane Mnouchkine viendra nous remercier d’avoir affronté pluie et cortèges contre la réforme des retraites pour être là, ce soir : puis on distribue des couvertures aux deux premiers rangs, parce que là, souffle un petit courant d’air frais.

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Ariane Mnouchkine et la troupe du Théâtre du Soleil

Les manifestations contre la réforme des retraites, le Théâtre du Soleil y aura bien participé « aux cotés de près de trois millions de personnes le jeudi 23 septembre, de près de trois autres millions le samedi 2 octobre, de trois millions et demi le mardi 12 octobre, de trois millions le samedi 16 octobre, d’à nouveau trois millions le mardi 19 octobre, de deux millions le jeudi 28 octobre, ainsi que le samedi 6 novembre » : le site est bien à jour.

Le Théâtre du Soleil, c’est avant tout le théâtre de l’espoir, des multiples espoirs un peu trop souvent brisés, et des mouvements populaires ; celui aussi des solidarités : le pourboire que l’on laissera ce soir au comptoir, va partir alimenter une action humanitaire au Cambodge.

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Le restaurant du Théâtre du Soleil

Les Naufragés du Fol Espoir, c’est la double histoire de deux espoirs hélas déçus, ou plutôt brisés, à un quart de siècle d’intervalle.

C’est l’aventure de ces artistes d’occasion, qui tournent sous la houlette d’un cinéaste échappé de chez Pathé, un film bourré d’idéalisme et de clichés – une longue allégorie, comme seul le cinéma muet pouvait en produite – dans le grenier d’une guinguette des bords de la Marne : on manque d’acteurs, et peu à peu, les serveurs se muent en marins, aristocrates, bourgeois, indiens, etc.

Tout cela, en plein été 1914, alors que la guerre plane sur l’Europe : heureusement Jaurès déclare la grève universelle – enfin européenne, la (future) chaire à canon contre politiques et grands patrons … fol espoir qui sombrera le 31 juillet, à l’annonce de l’assassinat du leader socialiste : on achèvera le film dans la nuit, parce que demain, tous partiront rejoindre leurs régiments …

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La scène pendant l’entracte

Mais le Fol Espoir, c’est aussi le nom d’un navire qui s’en ira sombrer au large du Cap Horn : l’histoire commence à Mayerling avec l’assassinat de l’archiduc héritier d’Autriche Rodolphe. Un Rodolphe qui rédige des pamphlets marxistes avec l’aide de son cousin … Cousin qui devra fuir loin d’Europe, et qui réapparaîtra un jour dans les terres australes, défenseur des indiens – et qui recueillera les passagers du Fol Espoir.

Une aventure totalement invraisemblable – à peine moins que celle de nos cinéastes qui tournent sans répit dans leur restaurant des bords de marne.

Mais une allégorie extraordinaire qui souligne comment la solidarité des peuples, riches ou pauvres, s’en vient nécessairement butter, sombrer, face à l’avidité des quelques-uns : les passagers du Fol Espoir vont libérer les forçats enchaînés en fond de cale, qui vont les trucider pour quelques paillettes d’or.

Mais avec Mnouchkine, le spectacle n’est pas seulement sur scène – et même, deux fois sur scène, puisque la pièce retrace l’épopée d’un film qui se construit presque spontanément – presque parfois contre la volonté de ses acteurs, de son metteur en scène.

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Les loges pendant l’entracte

Le spectacle est partout, le restaurant a été entièrement couvert de fresques pour l’occasion ; les loges – sous les gradins – sont juste séparées de rideaux en dentelle ; on guette le moment où les spectateurs vont monter sur scène, intervenir dans les débats … on regrette un peu que personne ne le fasse.

La passion est partout – comme dans beaucoup de théâtres ; mais là en plus, elle irradie : c’est le Théâtre du Soleil.

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